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Oups! Recadrons...

Fabulations réelles dans un monde virtuel - Article complet: Oups! Recadrons...

Suite du billet au sujet des prémisses...

L'auteur du billet original a "recadré" sa position dans un nouveau billet... Il a d'ailleurs laissé un commentaire sur mon blogue pour me l'indiquer. Merci! Ça m'a facilité la vie...

Je crois que j'avais bien compris l'intention et le désir de l'auteur. Mes étudiants, tous de futurs enseignants, ont des attentes similaires... C'est quoi le truc? C'est quoi les étapes à faire pour intégrer les TIC? Eux désirent les intégrer, l'auteur des fabulations veut des trucs pour reconnaître les bonnes personnes ou les bonnes situations.

J'ai lu le second billet... je reste néanmoins sur mes positions.

Comme Pierre, je précise qu'il s'agit de mon opinion. Je pense tout haut! Ceux qui entendent peuvent être d'accord ou pas!

S'il existe une recette, elle se situe à un niveau systémique, elle est générique... Malheureusement, les chercheurs et les praticiens étudient les différents aspects du système "Salle de classe" depuis des années et ne maitrisent pas encore toutes les variables impliquées. La recette est donc encore incomplète! Désolé!

Mais on connait déjà certaines choses...

On sait par exemple que le niveau d'intégration des TIC par les enseignant est corrélé positivement avec leur niveau de pratique pédagogique. Plus un enseignant est ouvert et mets en pratique une pédagogie interactive et centrée sur les apprenants (pédagogie dans laquelle les apprenants ont du pouvoir), plus ils intègrent facilement les TIC. Donc, en gros, il est probablement plus facile d'intervenir auprès des enseignants qui ont déjà intégrer les approches centrées sur les apprenants à leurs pratiques.

L'intégration des TIC agit d'ailleurs souvent comme catalyseur de l'évolution pédagogique. Les enseignants commencent à intégrer les TIC un peu mécaniquement, souvent dans le cadre de leur pédagogie centrée sur l'enseignant et la méthode traditionnelle. (C'est pas négatif! Cette pédagogie est parfois très efficace... ) Ils le font pour des choses simples et découvrent alors, souvent sous l'impulsion des apprenants, des fonctions qui les amènent à essayer des choses. Ils sont alors plus ou moins à l'aise avec les conséquences et reculent ou persistent. Ceux qui reculent doivent souvent faire face aux apprenants qui appréciaient l'expérience et désirent continuer... Ils poussent donc les enseignants à ré-essayer... Le livre "La classe branchée" de Sandholtz, Ringstaff et Dwyer donne un bon exemple de ce processus.

Que sait-on d'autre? Que le niveau de compétence technique des enseignants est lui aussi important... Que la disponibilité du matériel est lié à la réussite de l'intégration. Que le niveau et les mesures de soutien mises en place influencent l'intégration des TIC par les enseignants. Que la perception qu'ont les acteurs du système des différents outils et médias influence le niveau d'effort investie dans le processus d'apprentissage? Que le sentiment d'auto-efficacité vis-à-vis d'un outil influence...

Et chacun des ces éléments a été étudié par des chercheurs qui ont émis des conclusions ou suggestions au sujet de différents contextes et de sous-variables... C'est pas simple!

Surtout, on sait que c'est du cas par cas. Aucune de ces variables ne permet de prédire très précisément si oui ou non l'intégration va réussir ou lequel des enseignants est le meilleur candidat. Ces variables explique chacun 1, 2, 3 ou 4% de la variance... Parfois moins! Parfois plus! Certaines agissent aussi comme modératrices, d'autres comme médiatrices. J'aimerais vous fournir un schéma décisionnel incluant tous les éléments et toutes les variables... Il serait affreusement lourd et complexe... Il serait aussi incomplet considérant l'état de mes connaissances.

Mais si vous voulez essayer, je mets un wiki en ligne dès cette semaine et on s'y met!

Y'a des volontaires? (Aie! C'est pas encore l'idée de la troisième chaise qui refait surface sous une autre forme? Un endroit ou centraliser l'information, les outils... PAssons, c'est un autre sujet!)

Par contre, un candidat qui réunirait plusieurs caractéristiques gagnantes dans un contexte qui, lui aussi, réunit plusieurs caractéristiques gagnantes, aurait plus de chance d'être un candidat intéressant pour l'animateur du RÉCIT qui désire rentabiliser ces interventions... Mais y'a pas de recette. Pas de conditions vraiment plus importantes que les autres? Pas de conditions obligatoires? Du moins, je ne le pense pas...

Je garde ce billet ouvert... J'y repense et on en reparle!

pgiroux

Auteur: pgiroux

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Commentaires (5)

Pierre Lachance Pierre Lachance ·  08 février 2007, 12:35:34 PM

Bonjour,

j'aime beaucoup l'idée du contexte qui permettrait au formateur d'atteindre ses buts (former, découvrir qui est potentiellement «accompagnable», stimuler, etc). C'est un peu comme pour un enseignant qui veut trouver lesquels de ses élèves sont les plus compétents à coopérer. Il doit, je crois, placer les élèves en contexte où la coopération est possible (nécessaire).

Prenons un exemple de formation que j'ai déjà donné. Contexte: on découvre la robotique, on ouvre les boites, on explore le matériel, on essai de relever un défi avec un robot simple. Qu'est-ce que j'ai pu observer durant cette formation? Lire ceci: recit.org/index.php/mst/2...

J'ai aussi observé que 2 enseignants étaient moins «actifs» que les autres. Ils ne cessaient de dire que dans leur milieu il n'y avait pas de chance de mettre tout ça en pratique. Que la direction n'y croyait pas. Qu'ils n'avaient pas le temps d'apprendre ça. Etc..

Bon... on fait quoi à partir de là? On prend en note le nom des enseignants qui ont voulu un site web et on prend rendez-vous avec eux pour les accompagner dans la mise en place de leur site. Le site web devient alors, pour ces enseignants spécifiques, un moyen à exploiter pour qu'ils deviennent des «apprenants réseautés».

On prend aussi bonne note de ceux qui sont allé plus loin en robotique que la formation ne voulait les amener. Avec eux, on peut espérer les accompagner en classe avec leurs robots.

Pour ceux qui n'ont pas avancé, et bien je ne sais trop :o( Je peux me questionner sur le type de formation que je donne ou sur mes stratégies pédagogiques ou... Une chose est certaine, tout le monde ne peut pas répondre de la même façon au contexte mis en place. LA recette est nécessairement incomplète comme vous le dites dans votre billet.

Voilà. Le contexte est peut être plus facilement «gérable» que la liste des caractéristiques «gagnantes».

Point de vue bien personnel, comme toujours ;o)

François Guité François Guité ·  08 février 2007, 3:42:54 PM

Je partage ton point de vue, Patrick. Je crois aussi que l'époque de la formation linéaire et structurée est révolue. On se rend bien compte aujourd'hui que c'est un échec. La formule des recettes et des démarches prédéfinies est trop détachée de la réalité et des idiosyncrasies de ceux qui les mettent en oeuvre.

Le temps n'est plus à la linéarité, mais au désordre, à la fluidité, à l'instabilité, au changement. Ceux qui cherchent des solutions toutes faites sont perdus a priori. Les vraies compétences à développer sont de l'ordre de la métacognition, de la méthode, de l'analyse-synthèse, de la collaboration, etc.

Je sympathise avec les formateurs qui doivent annoncer la nouvelle. Dieu merci, il y en a encore comme Martin et Pierre pour chercher les questions.

Pierre Lachance Pierre Lachance ·  09 février 2007, 9:33:59 AM

Question à M. Guité: est-il possible, en devenant enseignant, qu'on oublie vite que le désordre, la fluidité, l'instabilité, mènent à l'apprentissage? Je pose la question, car il arrive régulièrement d'entendre, dans une formation où ces concepts se vivent, que les formateurs n'étaient pas préparés.

Merci bien pour la sympathie ;o)

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  09 février 2007, 1:00:17 PM

UN bout de réflexion pendant que j'ai quelques minutes. Je ne crois pas que les enseignants l'oublient vraiment... C'est simplement tellement plus facile et agréable de travailler dans l'ordre et le calme! C'est réconfortant pour l'enseignant. Ils ont peut-être l'impression d'être plus efficaces, l'impression que les apprenants sont plus occupés parce qu'ils n'ont pas le temps de parler. Le réconfort provient peut-être aussi de l'habitude. Ils savent que cette organisation permet aux apprenants d'atteindre les objectifs et ne perçoivent pas de bonnes raisons pour changer leurs habitudes... C'est peut-être à nous de leur prouver qu'il y a des avantages au "désordre"...

Pierre Lachance Pierre Lachance ·  09 février 2007, 2:00:52 PM

En fait je ne sais pas si ça fera partie de la preuve, mais j'y crois suffisamment (à l'apprentissage) pour ne plus former dans l'ordre, à l'aide d'une structure stricte et fermée. Je donne de l'espace à l'apprenant (voir mon cône: recitmst.qc.ca/docmst/wak... ), ce qui rend le désordre possible. Je dis bien possible, pour qu'il se crée, les apprenants doivent vouloir prendre cette place.

Vous m'avez un peu ébranlé par contre... avoir à prouver qu'apprendre se fait peut être mieux dans une structure éclatée, où la déstabilisation est avantageuse... il faut donc vraiment revenir aux bases de la cognition?

Je cogiterai la-dessus. Merci.

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