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Français 2.0 pour une 0.0

Tant pis pour ceux qui n’y connaissent rien et ne veulent rien y connaitre (les 0.0)

Pour être compétent, l’enseignant d’aujourd’hui doit « intégrer les technologies de l’information et des communications aux fins de préparation et de pilotage d’activités d’enseignement-apprentissage, de gestion de l’enseignement et de développement professionnel. » (Référentiel de compétences professionnelles de la profession enseignante, p. 107 (PDF)). De plus, le Programme de formation de l’école québécoise précise que l’élève, au terme de sa formation, doit pouvoir « exploiter les technologies de l’information et de la communication (TIC) ». (Programme de formation de l’école québécoise, p.46 (PDF)). Alors donc, même si certains d’entre nous apprécient encore le bruit de la craie blanche sur le tableau noir et celui de la mine de plomb sur le cahier Canada, il convient de s’habituer à celui de trois cents doigts qui tapent sur des claviers et à la douce mélodie d’une voix synthétique. Ceux qui n’y connaissent rien doivent donc s’y mettre, et ceux qui ne veulent rien y connaître devront se faire à l’idée.

Tant mieux pour ceux qui s’y connaissent (les 2.0)

Ces chanceux possèdent une mine d’information à laquelle je n’ai pas encore totalement accès. Cependant, je prends conscience peu à peu des innombrables possibilités qu’offre le web dans le cadre de ma profession, et du fait que je pourrais également en profiter.

J’en suis donc venue à m’interroger sur ce que pourrait apporter le web 2.0 dans une classe de français. À première vue, il m’apparait évident que les possibilités sont riches et variées puisque le web est une mine d’information gratuite et disponible. Également, il s'agit d'un outil de communication et qui dit communication dit utilisation de la langue. Cependant, comment peut être exploité le web 2.0 de façon efficace et profitable par et pour les élèves? C’est l’humble mission visée par ce billet.

Pour ceux qui aimeraient s’y connaitre (moi! moi! moi!)

Ce billet est écrit par une aspirante 2.0 qui espère recruter d’autres membres dans son équipe. Afin de vous convaincre, je vous retracerai les principales étapes de mon cheminement. D’abord, en tant qu’enseignante en français, je crois qu’il est primordial de bien définir les différents concepts afin de comprendre comment ils peuvent être utilisés.

Petit glossaire du débutant

Web 2.0 : L'expression « Web 2.0 » désigne certaines des technologies et des usages du World Wide Web qui ont suivi la forme initiale du web, en particulier les interfaces permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s'approprier les nouvelles fonctionnalités du web et ainsi d’interagir de façon simple à la fois avec le contenu et la structure des pages et aussi entre eux, créant ainsi notamment le Web social. Source

Wiki : Un wiki est un site web dont les pages sont modifiables par tout ou partie des visiteurs du site. Il permet ainsi l’écriture collaborative de documents. Source

Blogue : Un blog ou blogue est un site Web constitué par la réunion de billets agglomérés au fil du temps et souvent classés par ordre antéchronologique (les plus récents en premier). Chaque billet (appelé aussi « note » ou « article ») est, à l'image d'un journal de bord ou d'un journal intime, un ajout au blog ; la blogueuse/le blogueur (personne s'occupant du blog) y délivre un contenu souvent textuel, enrichi d'hyperliens et d'éléments multimédias, sur lequel chaque lecteur peut généralement apporter des commentaires. Source

Baladodiffusion ou podcast : Le podcasting ou la baladodiffusion est un moyen de diffusion de fichiers (audio, vidéo ou autres) sur Internet appelés podcasts ou balados. Source

Fil RSS : RSS désigne une famille de formats XML utilisés pour la syndication de contenu Web. Source

Utilisations possibles

Maintenant que nous en savons davantage sur le vocabulaire 2.0, voyons de quelle façon ces outils peuvent être utilisés. Ne serait-ce que parce l’utilisation de la langue est incontournable dans plusieurs applications du Web 2.0, il est indiscutable que ces technologies ont leur place dans une classe de français. Par ailleurs, plusieurs enseignants ont déjà intégré ces façons de faire dans leur profession. À ce sujet, le site Franc-parler regorge d’idées pour l’utilisation de différents outils 2.0. Un dossier sur les liens entre la pédagogie de projets et les ressources Internet est particulièrement intéressant. En effet, Micheline Maurice nous propose d’utiliser la télécollaboration, qui « est une activité structurée qui se réalise à distance, pour laquelle sont employés un ou plusieurs moyens de communication et de collaboration en ligne pour échanger, rassembler et analyser des informations dans le cadre de la réalisation d'une tâche. » Source

C’est également par l’entremise de ce site que j’ai découvert l’eportfolio, élaboré par une équipe de l’Université de Montréal. Qu’est-ce qu’un eportfolio ou portfolio électronique? « C'est un ensemble de travaux réalisés qui témoignent des efforts, des progrès et des réalisations d'une personne. Un portfolio, c'est aussi une vitrine (publique) de ses réalisations. Les avantages d'un portfolio électronique sont nombreux : ils sont susceptibles de favoriser de meilleurs apprentissages, ils facilitent la communication, et ils peuvent aider l'enseignant dans l'évaluation des compétences. » Source Thierry Karsenti et Simon Collin nous explique les possibilités de cet outil dans leur article.

Ma recherche m'a également permis de découvrir un autre site qui présente des idées d’exploitation pédagogiques particulièrement intéressantes : Cahiers pédagogiques. Entre autres, un article d'Audrey Guilbaud-Varachaud nous précise comment elle a utilisé le réseau social bien connu Facebook pour favoriser les apprentissages chez ses élèves. Bien que son projet ne soit pas en lien direct avec le français, cette activité peut selon moi être adaptée à cette matière. Facebook est une interface qui propose d’insérer des actualités au jour le jour, ainsi que des photos et vidéos en fichier joint ; comme réseau social, il permet une diffusion à l’ensemble des élèves ; il est aussi ancré dans leurs pratiques quotidiennes : un outil tout à fait adapté à nos besoins ! Source En effet, pourquoi ne pas utiliser cet outil déjà connu des élèves afin qu'ils communiquent entre eux sur des oeuvres qu'ils ont lues, vues ou entendues?

De plus, je m’inspirerai sans doute de Jean-Michel Le Baut qui nous dévoile, dans son article, comment rendre l’apprentissage de la littérature plus dynamique. En favorisant la communication et l’échange sur différents blogues, il parvient à intéresser davantage ses élèves. Un extrait de cet article nous fournit d'ailleurs une explication des caractéristiques des jeunes qui seront dans nos classes :

La culture de l’horizontalité

Il parait ainsi essentiel de prendre en compte le passage d’une culture de la verticalité à une culture de l’horizontalité. Cette mutation est sensible dans tous les domaines. Citons ceux qui nous intéressent ici : le passage d’Internet première génération (les sites que l’on consulte) au Web 2.0 (des internautes qui produisent et échangent des contenus) ; le passage d’une pédagogie transmissive (le maitre enseigne, l’élève reçoit) à une pédagogie active (l’enseignant aide l’apprenant à construire savoir et savoir-faire) ; le passage d’une conception ancienne de la lecture (l’auteur écrit, le lecteur doit retrouver dans l’œuvre ce que l’auteur a voulu y mettre) aux théories modernes (le lecteur participe à l’élaboration du sens du texte, il réécrit celui-ci en fonction des indices qu’il y prélève et des mises en relation qu’il opère). Il importe surtout, faute de quoi on s’expose à l’échec et l’amertume, de s’adapter à la mentalité particulière des digital natives 1, à leurs codes et à leurs valeurs.

La génération de l’instantané

La nouvelle génération, entend-on souvent, a un rapport au temps différent du nôtre : sa culture est celle de l’instantané. Aussitôt pensé, aussitôt dit, que ce soit via des SMS ou sur un site comme Twitter. Il se trouve que le blog est par définition un journal de bord qui épouse le rythme de la succession des jours. Il est particulièrement adapté pour accompagner le fil d’une lecture, pour « fixer des vertiges » éprouvés à l’abord de la vie ou d’une œuvre, pour rendre compte d’un évènement (un film, une pièce de théâtre, une sortie pédagogique…), voire le créer.

Au terme de cette recherche, j’ai donc en tête (et sur ce billet) plusieurs idées de projets nécessitant l’utilisation d’outils 2.0. Par exemple, afin de garder une trace de leurs réalisations et de leur permettre de personnaliser leur propre espace sur le Web, je pourrais utiliser l’eportfolio. De plus, plutôt que de leur proposer de tenir un journal de lecture sur papier, pourquoi ne pas créer un blogue, plus dynamique et interactif, afin de permettre aux élèves d’y laisser leurs impressions sur leurs lectures. Ce faisant, l’échange entre les élèves entre eux et avec l’enseignant est instantané et ouvre de nouvelles possibilités (réponse aux questions, collaboration, insertions d'images, de vidéos). De plus, lors des cours portant sur le texte explicatif, je me vois déjà utiliser un wiki afin que les élèves y présentent le fruit de leurs découvertes. Chacun aurait la responsabilité d'informer les autres sur un sujet de son choix et ces derniers pourraient collaborer à cette encyclopédie selon leurs connaissances. L’ouverture sur le monde qui est rendue possible grâce à Internet est également très intéressante. Pourquoi ne pas profiter de cette possibilité afin de permettre des échanges avec des francophones d’autres provinces ou pays? Il faut également penser à des logiciels comme Bonpatron.com qui permettent aux élèves de corriger leurs textes. Les possibilités d’utilisation sont innombrables et étonnamment variées.

Oui je le veux!

Utiliser les technologies de l’information est sans contredit une excellente façon de motiver les élèves. On ne cesse de nous rappeler l’importance de rattacher les apprentissages à leur réalité. L’utilisation des technologies 2.0 est un excellent moyen d’y arriver. De plus, en leur démontrant les nombreuses possibilités de ces outils, on incite les jeunes à les utiliser de façon optimale. Utiliser les ressources du Web 2.0 permet de développer la collaboration entre les élèves et le sentiment d’appartenance au groupe. Il ne faut également pas oublier que bien que le matériel nécessaire à leur utilisation (ordinateur, ipod, etc.) exige des frais, les outils 2.0 sont gratuits.

Non je m'y oppose!

Bien entendu, le but de ce billet étant de vous convaincre d’intégrer les technologies du Web 2.0 dans vos pratiques éducatives, la liste des inconvénients sera plutôt réduite. Il ne faut cependant pas oublier que l’informatique n’est pas infaillible. Il faut donc toujours prévoir un plan B. Également, l’utilisation de certaines technologies nécessite un important investissement de temps. C’est pourquoi il est préférable d’y aller d’abord avec modération.

Comme le suggère Micheline Maurice : "Franchissez le premier pas ! Surfez sur les sites proposés, glanez des informations, inspirez-vous des expériences des collègues de part le monde, et lancez-vous dans l'aventure en commençant par un projet très simple." Source

Dernier mot de l’aspirante 2.0

Mon parcours est loin d’être terminé… N’hésitez pas à y contribuer!

Ce document est conforme à la nouvelle orthographe.document.gif

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Auteur: etu22

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Commentaires (3)

Valérie Tremblay Valérie Tremblay ·  18 juin 2010, 9:29:15 AM

Tout à fait! Je crois que malgré l'obstination de certain(e)s, l'utilisation des TIC est devenue ou deviendra très bientôt une obligation pour les enseignants afin de se rapprocher des intérêts des élèves. Et d'ailleurs, pourquoi pas? Comme tu nous l'as démontré dans ce billet, plusieurs outils sont à notre disposition... gratuitement! Ne reste plus qu'à faire l'effort et à investir un peu de temps dans la création d'activités d'apprentissage 2.0!

Jessica Jessica ·  21 juin 2010, 7:37:25 PM

Le plus important dans notre profession, c'est d'investir du temps à celle-ci. Ensuite, on devient plus performant et ceux qui sont obstinés vont finir par prendre conscience que notre société est rendue là. Par le fait même, nous devons suivre le mouvement et s'adapter!

Mejda M Mejda M ·  22 juin 2010, 8:45:09 AM

Bravo pour ton blogue! Je trouve que tu portes un regard lucide et encouragent sur le Web 2.0 et ses possibilités! D’ailleurs, le eportfolio semble être un outil vraiment pratique et facile d'utilisation!

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