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Les impacts de l'intégration des TIC dans les écoles

Impacts de l’intégration des TIC en classe

Les technologies de l’information et de la communication sont nées à notre génération. Nous les avons connues, apprivoisées et intégrées à notre mode de vie. La génération qui nous suit est née avec les technologies. Ces enfants ont appris à cliquer sur la souris avant d’apprendre à parler. Ils n’ont pas intégré les TIC dans leur vie, mais se sont intégrés dans ceux-ci. Les technologies font partie de leur vie, chaque semaine, chaque jour, chaque minute. Pour certains, les technologies ne font pas partie de leur vie, mais sont leur vie. En tant que future enseignante, je trouve pertinent de se questionner sur les l’impact de l’intégration des TIC dans les écoles puisque c’est notre génération qui enseignera à ces enfants. Ce sera nous qui formerons la société de demain. Une chose est certaine, les enfants d’aujourd’hui sont très habiles avec les ordinateurs et toutes les autres technologies. C’est à se questionner si ces jeunes n’en connaissent pas plus que nous. Étant donné que ces élèves et futurs élèves ont un haut degré de compétence en TIC, il semble aussi important de se questionner sur ce qu’apportent les technologies pour leurs intérêts, mais aussi sur l’impact de l’accès instantané à l’information.

D’abord, il est évident que les enfants et les adolescents sont très doués avec les technologies de l’information et de la communication. En effet, d’après le rapport CEFRIO sur la génération C, 74 % des Québécois de douze à dix-sept ans possèdent un ordinateur personnel. Ces jeunes doivent donc avoir des compétences assez développées pour pouvoir utiliser convenablement leur ordinateur. Toutefois, je ne crois pas qu’autant de jeunes de douze à dix-sept ans aient besoin d’un ordinateur personnel. Certains de ces enfants et adolescents pourraient fonctionner sur l’ordinateur de table ou l’ordinateur portable de la maison. Il est plus pertinent, au CEGEP ou à l’Université, de posséder un ordinateur personnel afin de prendre des notes, de faire des travaux et d’effectuer des recherches. Je ne dénigre pas le fait que ces jeunes aient des ordinateurs puisqu’il est clair que ces machines développent les compétences des enfants. Cependant, un ordinateur n’est pas nécessaire à douze ans. D’un autre côté, les compétences que ces enfants acquièrent à la maison avec leur ordinateur personnel ou l’ordinateur de la maison sont bénéfiques lorsqu’on se retrouve en milieu scolaire. Toujours d’après le rapport CEFRIO, environ 35 % des jeunes de douze à dix-sept ans se sentent assez à l’aise avec les TIC pour aider quelqu’un d’autre à les utiliser. Ces élèves qui se sentent compétents avec les TIC peuvent être d’une grande aide lors d’une activité requérant des ordinateurs. En classe, on peut jumeler les élèves par deux afin qu’ils puissent s’entraider. Celui qui est plus habile pourra en aider un plus faible, lui fournissant ainsi des connaissances que ce dernier pourra utiliser à la maison. De cette manière, un cercle se crée. Les compétents aident ceux avec des difficultés, qui deviendront ensuite habiles et pourront aider d’autres moins à l’aise d’utiliser les technologies. Les compétences de ces élèves doivent être connues par les enseignants, car ceux-ci devront aller plus loin dans leur enseignement afin de pousser encore plus loin les enfants. Ces compétences, que les enfants acquièrent hors des heures d’école et qui sont augmentées grâce à l’intégration des TIC, sont importantes puisqu’elles permettent aux jeunes ainsi qu’aux enseignants de se dépasser dans leurs apprentissages.

Ensuite, il va de soi qu’il est attrayant de rejoindre les intérêts dans enfants en passant par les TIC. Les jeunes aiment les technologies et s’intéressent à elles. D’une part, les élèves ont déjà un grand intérêt envers les TIC. En effet, il passe une bonne partie de chaque journée sur les ordinateurs, sur leur iPod ou encore sur leur cellulaire. Il va de soi qu’en intégrant les technologies de l’information et de la communication dans nos écoles, on rejoint simultanément l’intérêt des élèves. Les jeunes de la génération C aiment les technologies. Selon Wang, Haertel et Walberg (1993), « dans les écoles et les classes, les TIC tendent à susciter l'intérêt et la motivation des apprenants. » On peut donc dire qu’en plus de rejoindre les intérêts des élèves, les technologies rehaussent également leur motivation si elles sont présentes dans les classes. Nous savons tous qu’il est important qu’une situation d’enseignement-apprentissage soit signifiante pour qu’elle laisse une trace chez les élèves. Ce fait étant souvent répété dans la profession enseignante, il me semble contradictoire de ne pas intégrer les TIC plus souvent puisque ceux-ci rendent les situations plus signifiantes pour les élèves. Le jeune pourra être plus tenté d’expérimenter des informations qu’il aura trouvées lui-même et trouvera sans doute plus intéressant de parler d’un sujet sur lequel il a pu se renseigner. D’une autre part, je trouve affligeant de tolérer les téléphones cellulaires et les Ipods ou Mp3 en classe. Je ne comprends pas pourquoi les enfants ne peuvent pas utiliser leur calculatrice en mathématique alors qu’ils peuvent utiliser leur iPod pour chercher de l’information sur internet. Je crois que l’intégration des TIC est importante, mais que certaines limites doivent être imposées. Même si l’intérêt des élèves est facilement rejoint avec les TIC, ils ne sont pas nécessaires à tout moment de la journée. Comme le dit Bruno Guglielminetti dans son article du Devoir, « fini les petits bouts de papier entre les bureaux, "les élèves" pourraient tout simplement envoyer un petit message texte, à 10 cents l'unité, pour commenter les propos du prof, la tenue vestimentaire de la voisine ou la réponse illuminée d'un autre étudiant. » Je trouve que c’est accordé une trop grande liberté aux élèves. C’est permettre de discuter en classe, puisque cela ne dérange personne. Les élèves qui s’envoient des SMS ne suivent plus le cours et je doute fort qu’ils discutent à propos de la racine carrée ou du participe passé. Les laisser agir comme ils le veulent avec les technologies rejoint leurs intérêts, mais les éloigne aussi de l’école et de ce qui se passe en classe. En autorisant toutes les technologies en classe, rien n’empêchera plus les élèves d’écouter de la musique, voir même un film pendant le cours. Sachant que les Ipods ont maintenant un réseau sans fil, les jeunes pourront naviguer à volonté sur Internet et même tricher à leurs examens sans être réprimandés. Je trouve que c’est pousser un peu loin l’intégration des TIC dans les écoles pour rejoindre les intérêts des élèves. Les jeunes n’ont pas à être connectés vingt-quatre heures sur vingt-quatre aux technologies. Je trouve cependant qu’il pourrait être pertinent d’augmenter le nombre de cours en laboratoire informatique puisque les ordinateurs sont motivants pour les élèves.

Finalement, il est évident que les TIC fournissent aux enfants un accès instantané à l’information. Les enfants sont habitués de trouver une information à la seconde même où ils la cherchent. On peut considérer que cet accès à l’information est pratique, voire utile. Cependant, je crois que ce serait dénigrer la profession enseignante. Je ne pense pas que les enseignants soient des ordinateurs. Pour cette raison, ils n’ont pas réponse à tout et ne connaissent pas toutes les informations du monde. Si les TIC sont intégrées dans les classes et que les enfants peuvent avoir l’information plus que rapidement, le professeur devient inculte puisqu’il ne connait pas tout. Les enseignants doivent pouvoir répondre aux enfants qu’ils ignorent une réponse et qu’ils se renseigneront davantage sur le sujet sans perdre totalement la face. Nous ne sommes pas une banque de données et il est normal de devoir quelquefois approfondir un sujet pour bien renseigner les élèves. Si les technologies permettaient une source si fiable et si importante, les enseignants n’auraient plus besoin d’être puisque les TIC enseigneraient toute l’information. Les technologies ne sont pas humaines et ne permettent pas les apprentissages. Comme le dit Marie-Claude Loiselle du journal Le Devoir, « l'enfant butine "sur Internet" des informations morcelées, donc parcellaires, bien plus qu'il n'approfondit ses connaissances. » On peut voir qu’Internet, bien qu’il soit une source d’information, ne permet pas d’apprendre. Cependant, je trouve que cet accès à l’information à sa place lors de période spécifique. Il peut être bien d’avoir un ordinateur en classe. On peut y vérifier à tout moment des informations ou demander aux élèves de vérifier une réponse. Dans une période d’informatique, on peut demander aux élèves de chercher de l’information sur différents thèmes. Ils peuvent ainsi avoir un accès immédiat à une grande banque d’information. Lors de devoirs, les enfants peuvent aussi utiliser cet accès instantané pour trouver des renseignements. Selon le rapport CEFRIO, « le professeur représente encore une grande source de connaissances, mais ce n’est pas la seule. » Cependant, les enseignants sont la source de connaissances qui permet un apprentissage social. Il n’y a pas seulement l’apprentissage cognitif, l’acquisition de connaissances, il y a aussi l’apprentissage de la vie en société qui est très important puisque dans un métier, il y a des compagnons de travail. Nous sommes rarement seuls dans la vie donc l’acquisition de compétences sociales est très importante. Il est bien d’avoir une source d’information à accès instantané tant que l’enseignant reste l’enseignant et qu’il garde une certaine crédibilité.

En conclusion, je crois qu’il est important d’intégrer les TIC dans nos écoles, en imposant certaines limites. Il est important de les intégrer puisque les jeunes possèdent déjà des compétences avec les technologies. Aussi, étant donné que les TIC rejoignent les intérêts des élèves, il est d’autant plus facile de les intégrer. De plus, la source d’information instantanée que sont les TIC procure une bonne raison d’en profiter en classe. Cependant, pour ces mêmes raisons, il est important de poser des limites afin de garder un certain contrôle sur ce qui se passe dans nos écoles. Trop d’incidents sont déjà arrivés en raison de la présence de cellulaire ou d’iPod dans les classes. Des enseignants ont été filmés à leur insu et ont perdu toute leur crédibilité à cause de vidéos mis sur Internet. Même si les TIC sont de plus en plus présents dans la société, ils ne remplaceront pas les enseignants. Il faut donc se questionner davantage sur les impacts que peut avoir une intégration sans limites des TIC les écoles.

Je certifie avoir fait tous les efforts nécessaires pour présenter un texte sans faute. Marie-Pier Bérubé

ADFO. Le cellulaire à l’école et en salle de classe : tout un débat… http://www.adfo.org/contentDocuments/L'utilisation%20du%20cellulaire%20en%20salle%20de%20classe%20(2.pdf (Page consultée le 24 septembre 2010)

BEAULIEU, Alain. Direction informatique. Les TIC à l’école : faut-il s’inquiéter? http://www.directioninformatique.com/DI/client/fr/DirectionInformatique/Nouvelles.asp?id=40404 (Page consultée le 23 septembre 2010)

CEFRIO. Rapport-synthèse, décembre 2009. Génération C. https://wprod5.uqac.ca/site_cours/apercu_fichier.html?nom_doc=F1283777146_rapportsynthesegenerationcfinal&dl=0 (Page consultée le 24 septembre 2010)

COMMISSION SCOLAIRE DES HAUTS-CANTONS. Référentiel TIC au primaire. http://fenetrepedagogique.cshc.qc.ca/spip.php?article29 (Page consultée le 25 septembre 2010)

LE DEVOIR. GUGLIELMINETTI, Bruno. Le cellulaire, même en classe. http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/91169/le-cellulaire-meme-en-classe (Page consultée le 26 septembre 2010)

LE DEVOIR. LOISELLE, Marie-Claude. L’informatique et l’Internet à l’école primaire : pourquoi?. http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/2265/l-informatique-et-internet-a-l-ecole-primaire-pourquoi (Page consultée le 27 septembre 2010)

RÉSEAU DES CENTRES D’EXCELLENCE EN TÉLÉ-APPRENTISSAGE. CAPSULE 2. Avantage des TIC. http://www.tact.fse.ulaval.ca/fr/html/cours/coursgcr/textes/capsule2.htm (Page consultée le 26 septembre 2010)

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Auteur: etu2

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Commentaires (6)

Cindy Veilleux Cindy Veilleux ·  07 octobre 2010, 10:39:30 AM

Bravo pour ton essai!!
J'approuve entièrement ta conception face à l'intégration des TIC. Je crois aussi qu'il est très important de suivre le courant de la société et du même fait suivre les jeunes d'aujourd'hui! Les enseignants doivent se baser sur les intérêts des élèves pour susciter la motivation, alors je crois qu'il est très important d'intégrer les TIC dans notre enseignement! =)

Élisabeth Dufour Élisabeth Dufour ·  07 octobre 2010, 1:17:14 PM

Bonjour Marie-Pier,

comme tu le constateras,je suis aussi tout à fait d'accord avec tes propos et le fait que nous devrons adapter les technologies à notre enseignement! Tu soulèves un point qui m'a aussi interpellé lors de la rédaction de mon essai: mais où est la limite de l'acceptable? Je crois que cette question qui est pour ma part grandement reliée à l'éthique, soulèvera bien des débats.

J'ai bien apprécié!

cloé cloé ·  07 octobre 2010, 2:53:17 PM

Woww!!! J'approuve ton essai à 100 milles à l'heure. Je crois qu'il faut intégrer les TIC et être capable de suivre l'évolution de celle-ci, car comme nous le savons bien, cela va a un rythme effrayant. Mais la question d'Élizabeth dans son commentaire m'interpelle beaucoup et où est vraiment la limite que l'on doit accepter ?! Je ne crois pas que toutes les technologies sont nécessaires dans le contexte scolaire et on doit se fixer une limite. Par contre, nous DEVONS montrer aux jeunes et évoluer avec ce contexte qui est de plus en plus dans nos vie !!
Encore Bravo pour ton essai.

marie-pier bérubé marie-pier bérubé ·  07 octobre 2010, 4:10:03 PM

Merci pour vos commentaires. Contente que mon essai vous ait plu!

pgiroux pgiroux ·  17 octobre 2010, 3:47:30 PM

Bonjour,

Il y a, vers le milieu de ce texte, une confusion importante entre informations et savoirs (connaissances). Il ne faut pas confondre ces deux concepts, l'un est brute, disponible dans l'environnement sans traitement, l'autre nécessite un traitement cognitif, une appropriation et la confrontation à l'environnement social et physique pour en vérifier la pertinence. Je vous invite (l'auteure et ceux qui ont laissé un commentaire) à réfléchir à cette nuance et à déterminer où il y a eu dérapage dans le texte et comment on peut l'empêcher. Je remarque aussi que l'auteur s'est corrigée elle-même par la suite...

Il ne faut pas aussi prétendre que l'ordinateur peut enseigner. C'est un geste qui nécessite un niveau d'intelligence que nos ordinateurs n'ont pas encore.

Marie-Pier Marie-Pier ·  21 octobre 2010, 8:20:58 AM

Je suis d'accord qu'il ne faut pas se méprendre quant à la différence entre informations et connaissances. Cependant, je crois que ces deux concepts sont liés puisque nos connaissances sont en lien avec l'information que nous lisons, que nous voyons et qui est partout. À mon avis, ces deux concepts sont indissociables bien qu'ils soient complètement différents. J'espere aussi que jamais les ordinateurs n'auront la capacité d'enseigner. Je crois qu'ils n'auront jamais l'humanité nécessaire à l'enseignement.

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