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Évaluation: l'excellence ou l'effort?

Comme Martine, j'ai aussi vécues récemment des situations lors desquelles des étudiants sont insatisfaits de leurs notes. Parfois, ils ont des arguments solides et il m'arrive d'accepter de réviser un travail et de changer la note. Souvent, le seul argument que les étudiants peuvent présenter est le fait qu'ils ont travaillé très fort et longtemps. Comme Martine, je me demande:

Pourquoi tous les jeunes d’aujourd’hui croient-ils que s’ils font un effort, ils méritent de bonnes notes?

C'est probablement en partie parce que certains éducateurs ou la société encouragent beaucoup l'effort, parfois au point de lui accorder trop d'importance. Notre société a tendance à traiter tous les gens comme égaux alors que c'est faux...

Je crois surtout qu'ils ne comprennent pas toujours très bien le but de l'évaluation et la signification des notes.

Pour moi, le but de l'évaluation à l'université est de discriminer les travaux entre eux et de déterminer qui a atteint le seuil minimal de compétence suite à mon cours ou non. En gros l'évaluation est entièrement et totalement en lien avec la qualité du travail et elle ne constitue pas du tout une appréciation de l'effort. Un travail qui obtient une note de D ou plus est jugé comme constituant une preuve que l'étudiant a atteint un niveau minimal de maitrise ou de contrôle sur des compétences ou des connaissances. On utilise ensuite des notes allant de D à A+ pour discriminer et indiquer aux étudiants s'ils ont peu, raisonnablement, beaucoup ou très bien maitrisé les compétences ou connaissances. C'est nécessaire parce que tous les étudiants ne sont pas égaux. Certains sont meilleurs que d'autres... C'est plate, mais c'est la vie!

On m'a répondu que certains étudiants ne m'écoutaient pas et réussissaient mon cours et que ce n'était pas juste... Ça peut s'expliquer de plusieurs façons. Ils ont peut-être développé des compétences informationnelles plus importantes et réussissent à trouver très rapidement des informations pertinentes. Ils avaient peut-être déjà beaucoup de compétences dans le domaine des TIC et il leur a suffi de capter quelques bribes de mon cours pour "être au niveau". Ils sont peut-être autodidactes et arrivent très facilement à suivre le cours en faisant les lectures et en explorant seuls les sites et les outils que je présente. (Ce n'est pas surprenant, le meilleur moyen d'apprendre à utiliser les TIC est de consulter Internet!) Ils ont peut-être des capacités d'attention plus importantes que la moyenne et arrivent plus facilement à faire deux choses en même temps. (Je sais, c'est impossible! En vérité, ils sont très efficaces à passer rapidement d'une tâche à l'autre. Tellement efficaces qu'ils n'ont pas l'air de suivre mon cours même s'ils y accordent suffisamment d'attention pour saisir l'essentiel du message.) On peut probablement imaginer plusieurs autres raisons. C'est plate, mais tous les étudiants sont différents et certains sont meilleurs que d'autres!

À la fin du billet de Martine, Gilles Jobin demande:

Pourquoi le «système scolaire» doit-il «récompenser» les étudiants ?

Personnellement, je ne crois pas récompenser les étudiants lorsque j'évalue un travail. J'essaie de juger ce travail et de déterminer s'il atteint des objectifs ou s'il constitue une preuve suffisante de compétence. Je ne récompense pas le travail, j'essaie de juger s'il démontre que l'étudiant:

  • ...manifeste un esprit critique et nuancé par rapport aux avantages et aux limites véritables des TIC comme soutien à l’enseignement et à l’apprentissage;
  • ...dispose d'une vue d’ensemble des possibilités que les TIC offrent sur les plans pédagogique et didactique, notamment par l'intermédiaire des ressources d’Internet, et s'il sait les intégrer de façon fonctionnelle, lorsqu'elles s'avèrent appropriées et pertinentes, dans la conception des activités d’enseignement-apprentissage;
  • ...utilise efficacement les possibilités des TIC pour les différentes facettes de son activité intellectuelle et professionnelle : communication, recherche et traitement de données, évaluation, interaction avec des collègues ou des experts, etc.;
  • ...risque d'être en mesure de transmettre efficacement à ses propres élèves la capacité d'utiliser les TIC pour soutenir de façon critique et articulée la construction personnelle et collective des savoirs.

Rien de plus, rien de moins. Certains y arrivent mieux que d'autres. C'est tout et c'est normal!

(Juste en passant, les puces précédentes décrivent le niveau de maitrise attendu pour la compétence 8 des enseignants...)

Voici, finalement, le vidéo qui a inspiré le billet de Martine cité plus haut...

pgiroux

Auteur: pgiroux

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