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Les TIC peuvent-elles aider les élèves handicapés avec ou sans difficultés d'apprentissage et/ou d'adaptation dans leur cheminement scolaire?

En tant que futures enseignantes, nous aurons à faire face à diverses difficultés qui peuvent être vécues par certains élèves. Celles-ci se refléteront évidemment dans leur cheminement scolaire; il est donc primordial d’être conscients de toutes les possibilités qui s’offrent à nous afin de leur venir en aide le plus efficacement possible. Il existe, en éducation, une multitude d’outils qui sont mis à la disposition des enseignants et des élèves. Cependant, ces outils ne sont pas tous très connus. À notre avis, l’utilisation des TIC n’est pas suffisamment exploitée avec les élèves qui ont un handicap avec ou sans difficulté d’apprentissage et/ou d’adaptation. Dans notre formation, il n’y a pas de cours spécifiques qui sont consacrés à l’utilisation des technologies pour aider ces élèves. C’est pourquoi nous avons décidé de nous renseigner sur ce sujet, afin d’être mieux outillées face à ces situations auxquelles nous serons forcément confrontées un jour ou l’autre dans notre carrière. Dans notre essai, nous expliquerons et élaborerons les avantages et les limites de l’utilisation des TIC avec ces élèves. Nous présenterons, ensuite, quelques logiciels pertinents à exploiter. Par la suite, une partie exprimera notre opinion sur le sujet.

D’une part, adopter les TIC dans l’enseignement pour les élèves intégrés dans les classes régulières comprend plusieurs aspects qui sont avantageux. Par contre, ces technologies comportent également des limites, mais un grand éventail d’avantages. Tout d’abord, l’emploi des TIC peut susciter chez certains élèves un intérêt et une motivation face à la matière enseignée. Dans le cas d’une personne dyslexique, avoir un ordinateur muni d’un correcteur automatique (Antidote) à sa disposition peut le motiver et lui permet de se concentrer davantage sur sa rédaction et non seulement sur ses fautes. Écrire un texte à la main et se corriger est une épreuve très difficile pour un élève atteint de dyslexie. De plus, les difficultés spécifiques de chaque élève peuvent être prises en considération de façon à adapter adéquatement les technologies utilisées avec eux. Selon l’étude qui a été faite à travers le réseau scolaire québécois sur l’utilisation des TIC par Jean Chouinard et ses deux collaborateurs, les TIC peuvent mener à un enseignement individualisé. Un enseignant qui a quelques élèves intégrés ayant des difficultés dans sa classe peut se permettre de faire de l’individualisation. Cependant, plus le nombre d’élèves et de problèmes différents augmente, plus il est difficile de pratiquer l’individualisation, car cette façon de faire demande beaucoup de temps et d’efforts. Un exemple d’utilisation des technologies serait qu’un élève qui souffre d’autisme peut utiliser un écran tactile pour faire les mêmes activités que ses camarades, puisqu’il est possible qu’un élève souffrant de cette maladie ait des problèmes de motricité fine. L’ordinateur avec écran tactile permet à cet élève de s’exercer à faire les activités, de façon différente, soit avec des images ou des mots de plus grande taille qu’il peut sélectionner et déplacer. Dans la même optique, l’enfant peut acquérir de l’autonomie. Si nous nous référons au cas précédent, l’enseignant n’a plus besoin d’aider l’élève à former ses lettres en lui tenant la main, étant donné que l’élève a accès à un écran tactile. En effet, l’autonomie est un aspect général qui peut être développé dans plusieurs situations différentes. Malgré le fait que l’enfant ne deviendra pas totalement autonome, le fait d’utiliser les technologies demeure un côté positif. Pour revenir à l’étude de M. Chouinard qui a été faite en 1998, les collaborateurs disent que

« les TIC sont, pour les élèves de l'adaptation scolaire, un médium de valorisation sociale à leurs propres yeux et aux yeux de leurs parents ».

En ce qui concerne les parents, nous croyons qu’en voyant leurs enfants se débrouiller correctement avec les technologies, ils seront fiers de les voir progresser. Dans la même lignée, les enfants seront satisfaits de ce qu’ils sont capables d’accomplir. En utilisant les TIC, ils sentiront qu’ils progressent comme les autres, ce qui les aidera dans leurs relations sociales. Malgré le fait que l’étude date de 1998, nous croyons que les points soulevés par les auteurs sont toujours d’actualité.

Par ailleurs, plusieurs logiciels sont conçus afin de soutenir les méthodes pédagogiques de l’enseignant. Dans les paragraphes qui suivent, nous vous en présenterons quelques-uns qui peuvent aider les élèves éprouvant certaines difficultés. Le premier est Kurzweil 3000. Cet outil multilingue permet de contribuer aux apprentissages des élèves handicapés ou ayant des difficultés comme la dyslexie ou le déficit d’attention. C’est une technologie récente qui favorise l’autonomie dans l’apprentissage tant sur le plan de la lecture que de l’écriture. Dans un article publié sur le site du Récit, M. Yves Duchesne a joint un document expliquant les fonctionnalités du logiciel. Ce document stipule que Kurzweil est une

«solution idéale pour la numérisation, la lecture, l’écriture et l’apprentissage, ce logiciel offre l’éventail le plus complet d’outils essentiels afin de travailler avec efficacité et d’améliorer la vitesse de lecture et de compréhension. »

De plus, le logiciel comprend un système vocal qui est capable de lire les mots dans un ordre et un rythme déterminés par l’utilisateur. L’apprenant peut sélectionner un mot, une phrase ou un paragraphe. Le système vocal aide l’enfant à mieux comprendre le sens exact d’un mot, d’un groupe de mots ou d’une idée. Il y a également un dictionnaire et une liste de synonymes faciles à utiliser pour un élève ayant des difficultés. Notamment, un aspect du logiciel qui est particulièrement intéressant pour un enseignant est qu’il peut aisément numériser tous les documents dont il a besoin et les adapter. Par exemple, une fonction est disponible pour intégrer des espaces blancs dans un texte, afin que l’élève les remplisse. L’élève a ensuite l’opportunité de se corriger par une rétroaction vocale. Selon nous, ce logiciel est complet puisqu’il offre une bonne variété de fonctions. De même, les applications, telle la lecture à haute voix fait par l’ordinateur, peuvent également s’appliquer aux pages Internet afin de faciliter les travaux, les devoirs ou les recherches des élèves. Il est spécifiquement conçu pour la lecture, l’écriture et la compréhension de texte. Dans toutes les matières, l’élève et l’enseignant peuvent numériser des exercices ou des travaux. L’élève a donc la possibilité de se servir des options qui s’offrent à lui, telle l’utilisation du dictionnaire intégré.

Dans le même ordre d’idées, le second logiciel, Doc Reader, s’apparente à Kurzweil 3000 concernant la lecture à haute voix. Cet outil permet à une personne qui a de la difficulté à parler d’écrire un texte afin que l’ordinateur le lise à sa place. Si l’élève souffre d’un handicap moteur et qu’il est incapable d’utiliser un clavier standard, tout est contrôlable par l’entremise d’un clavier numérique. Selon nous, les fonctions sont similaires au logiciel présenté précédemment, mais elles sont plus adaptées pour une personne ayant des difficultés motrices. Une des limites de ce logiciel est qu’il est dispendieux. Il coûte environ 290 euros, soit 385 dollars.

Ensuite, le troisième programme, Inspiration, est un outil pour organiser les informations de façon claire et efficace. Il est possible de réaliser des réseaux de concepts, des cartes d’organisation d’idées, des plans, des remue-méninges, etc. À l’aide de ce logiciel, les élèves peuvent combiner leurs idées en deux types de modes, soit de façon graphique ou en plan. En ce qui concerne le mode graphique, l’élève peut facilement intégrer mentalement les cartes ou les diagrammes qui lui sont présentés. Le mode plan est également disponible afin de transformer l’ordre des idées et de créer un plan de travail pour une rédaction, par exemple. Cette technologie apporte un soutien à la pédagogie de l’enseignant. Ce dernier peut l’employer pour épauler l’élève ayant des troubles d’apprentissage, ce qui facilite leur compréhension de la matière ou du sujet enseigné. Ainsi, l’apprenant peut regrouper les renseignements de façon personnalisée. Afin d’appuyer notre dernière affirmation, nous vous décrirons un exemple concret. Lorsque l’enseignant donne un texte à lire en classe et que l’élève doit bien saisir le sens de celui-ci, ce logiciel peut contribuer à une meilleure compréhension. Pour l’enfant qui éprouve certains troubles d’apprentissage, Inspiration peut être grandement utile. L’apprenant organise alors plus facilement ses idées. L’enseignant peut demander à celui-ci de saisir l’idée principale du texte et, par la suite, de trouver les idées secondaires qui s’y rattachent. À l’aide de ces éléments, les élèves peuvent créer une carte d’organisation d’idées. Avec cela, les élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage pourront mieux répondre aux interrogations de leur enseignant, puisqu’ils auront organisé les notions principales du texte. De plus, Inspiration est facilement accessible à tous, contrairement à Doc Reader. Il coûte environ 80 $ et il est disponible gratuitement sur Internet pour un essai de 30 jours. Selon nous, ce programme de soutien est approprié et très efficace pour appuyer l’enseignant et pour faciliter le cheminement des élèves ayant certains troubles d’apprentissage.

Donc, tous les logiciels que nous venons de vous présenter s’appliquent plutôt en français. Cependant, vous serez sans doute d’accord pour dire que le français s’applique à toutes les autres matières. Lorsque le français est mieux maîtrisé par l’élève, celui-ci aura beaucoup plus de facilité à réussir dans les autres matières. Par exemple, les textes et les questions qu’il lira seront mieux compris. À notre avis, l’enseignant a un grand rôle à jouer dans l’apprentissage des élèves. Les technologies sont un bon outil pour l’appuyer dans son enseignement. Par ailleurs, nous ne pouvons pas nier le fait que l’utilisation de logiciels adaptés comporte des tâches supplémentaires pour l’enseignant. Ce dernier doit se familiariser avec les logiciels afin de les maîtriser et de les utiliser adéquatement. Au début du processus, un temps d’adaptation s’impose. Cependant, au fil du temps, les nouvelles techniques sont de plus en plus efficaces. Si l’enseignant maîtrise les technologies, l’élève en difficulté se sentira en confiance face à l’outil qui lui est suggéré, ce qui le mènera à développer une relation de complicité avec son enseignant. Nous croyons qu’il est intéressant d’utiliser des logiciels puisque cela apporte une dimension différente pour l’élève. Celui qui éprouve des difficultés à faire des exercices sur une feuille et qui utilise un des logiciels qui a été présenté peut découvrir une nouvelle façon de travailler qui sera surement plus avantageuse pour lui. Évidemment, les technologies de l’information et de la communication sont des outils qui soutiennent l’enseignant ainsi que l’élève et doivent le rester. Il est primordial que celles-ci ne prennent pas toute la place dans l’enseignement. Les explications, la présence et le soutient de l’enseignant sont essentiels, puisqu’ils sont le cœur de l’enseignement.

En somme, l’utilisation des TIC apporte plusieurs avantages dans l’enseignement malgré le fait que cela demande un temps d’adaptation pour l’enseignant. Selon l’élève, l’usage de logiciels adaptés peut susciter un intérêt particulier face à l’apprentissage. Dans un cas où l’utilisation est efficace, l’élève peut voir ses résultats scolaires augmenter. Le développement de l’autonomie de l’enfant peut également être mis à contribution puisqu’il n’aura plus besoin de la présence constante de son enseignant à ses côtés. Les logiciels sont sélectionnés par l’enseignant selon les difficultés spécifiques de l’apprenant. Cela permet réellement de venir en aide à l’élève. Dans notre essai, nous avons décrit trois logiciels. Les deux premiers, plutôt similaires, offrent une diversité de fonctions. Kurzweil 3000 et Doc reader sont conçus pour faciliter la tâche des élèves en lecture et en écriture. Ils sont munis d’un système de rétroaction vocale dont l’ordre et la vitesse de lecture sont déterminés et contrôlés par l’utilisateur. Les deux logiciels ont un dictionnaire et une liste de synonymes intégrés, ce qui contribue à une meilleure rédaction. Quant à Inspiration, celui-ci est un programme prônant l’usage de graphiques et de plans favorisant l’organisation d’idées et la compréhension d’une matière quelconque. De plus, on y retrouve une banque d’images diversifiées, ce qui rend les schémas attrayants visuellement. Finalement, nous croyons que sans ces logiciels, il est tout de même possible d’exploiter ceux dont nous disposons et de les adapter afin qu’ils répondent aux besoins des élèves en difficulté. Il n’en revient qu’à l’enseignant de juger de la pertinence de ces outils et de la façon de s’y prendre pour les intégrer efficacement.

Stéphanie

Laurie

Marie-Pier

Nous certifions avoir fait tous les efforts nécessaires afin d'écrire ce texte sans fautes.

etu64

Auteur: etu64

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