PédagoTIC

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

L’identité numérique : pas de confidentialité, pas de vie privée!

De nos jours, les réseaux sociaux sont en pleine effervescence. En effet, leur utilisation augmente à un rythme remarquable et plusieurs internautes ne réalisent guère les effets négatifs qu’un tel monde virtuel peut engendrer. En réalité, comme le mentionne Monsieur Fabrice MOLINARO qui à publié un article en juin 2010,

«le concept de l’identité numérique se révèle une des problématiques principales de l'année 2010».

Autant pour les adultes que pour les jeunes, l’intérêt de vouloir procéder à l’activation d’un profil sur le Web semble se propager à une vitesse fulgurante. Effectivement, avec l’évolution des technologies et les nombreuses alternatives que procure cet outil, nous sommes au point tel que tout est possible par l’entremise d’un simple clic. D’ailleurs, cette situation actuelle en préoccupe plus d’un et s’avère un enjeu considérable dans plusieurs domaines professionnels. Plus précisément en éducation, les acteurs de ce milieu doivent prévenir cette ascension de même qu’instaurer un plan d’intervention afin d’anticiper toutes formes de dangers.

Spectateurs de cette réalité, «comment les enseignants peuvent-t-ils intervenir afin de prévenir la diffusion excessive d’informations personnelles sur Internet?»

Dans toutes ces circonstances, plusieurs causes sont mises en place afin d’expliquer la situation actuelle concernant les réseaux sociaux. De plus, le fait de connaître les dangers reliés à ce monde virtuel permet de protéger l’identité de chacun. Cela dit, nous allons aborder les différents dangers de l’identité numérique ainsi que quelques approches qu’une enseignantes peut faire afin de prévenir ceux-ci.

Vol d’identité

Tout d’abord, il est primordial d’aborder la notion d’insuffisance pour ce qui est des paramètres de confidentialité. Par exemple, lorsqu’on se crée un profil facebook, il donne par défaut la possibilité de permettre à tous ceux qui possèdent un compte d’avoir accès à votre profil ou bien de le bloquer seulement pour vos amis. Du fait que les réseaux peuvent contenir des centaines de milliers de personnes , vous exposez automatiquement vos informations personnelles aux voleurs d’identités potentielles lorsque vous ne gérez pas l’accès à votre profil. Cela dit, les paramètres de confidentialité insuffisants peuvent facilement conduire au « vol d’identité » et à la destruction d’une réputation . En effet, il est très important de protéger son identité personnelle et professionnelle sur Internet. D’ailleurs, monsieur Ronald Noble, Secrétaire Général d’Interpol, raconte qu’il a récemment été victime d’un vol d’identité. Expliqué en détail dans un article de l’Actualité, ce vol d’identité démontre réellement les dangers de l’identité numérique. Ceci étant dit, selon la précision des informations personnelles données sur ton profil, il est plutôt risqué de mentionner vos véritables renseignements privés. Composé de diverses informations qui semblent sans importance telles que votre adresse, votre date de naissance ainsi que votre e-mail, votre identité numérique peut réellement être la cause de différents vols d’identités. Ainsi, avec des informations comme celles-ci publiées sur votre profil, il est possible d’avoir recours à plusieurs manipulations criminelles.

Afin de bien illustrer ce point, voici un extrait d’un article du Figaro :

“ Il suffit de connaître le nom, la date de naissance et la localité de naissance. Des informations qui peuvent être récupérées notamment dans les boîtes aux lettres. «Ensuite, le fraudeur va faire une demande par courrier à la mairie de naissance de la victime pour obtenir un acte de naissance authentique, indique Vincent Lafon, responsable du Bureau de la fraude documentaire de la Police aux frontières, la plupart des mairies ne demandent pas plus de détails». Une fois ce document en main, le contrevenant déclare la perte où le vol de l’ensemble de ses papiers dans un commissariat de police. Muni de l’acte de naissance, la déclaration de vol et quelques factures d’EDF falsifiées, il lui sera facile d’obtenir passeport, permis et carte d’identité avec la photo de son choix. Cette opération peut alors être reproduite dans plusieurs préfectures.”

À la suite de cet extrait, il est facile de remarquer qu’avec de simples manipulations n’importe qui peut voler votre identité. Sans compter que parfois, les renseignements sont tellement précis qu’en prenant connaissance de ceux-ci, nous avons l’impression de connaître la personne. Votre vie privée s’avère donc dévoilée au grand public, ce qui peut entraîner diverses situations désagréables. C’est pourquoi, il est préférable de rester imprécis dans les informations privées que nous diffusons sur Internet. Dans un même ordre d’idées, le statut de certaines personnes est parfois tellement explicite qu’il est possible de savoir la date, l’heure et l’endroit où la personne se trouve à tout moment. Sans nécessairement être conscient, en publiant ces informations personnelles, les gens peuvent attirer involontairement les criminels. Par exemple, lorsqu’on consulte un statut facebook détaillé mentionnant que la personne quitte le pays pour une semaine en compagnie de toute sa famille, toute personne a la certitude que la maison sera complètement vide durant sept jours complets. Cela dit, avec toutes les informations que fournit le profil, il est plutôt facile pour un cambrioleur de se rendre à domicile.

Réputation numérique

Ensuite, avec l’évolution rapide du Web et la multiplication d’informations qui se diffusent sur internet, la réputation numérique fait aussi partie des dangers de l’identité numérique. En effet, la réputation est une facette difficile à maitriser de l’identité en ligne. Autrement dit, il est très difficile d’orienter notre réputation en ligne lorsque vous publiez des informations personnelles sur le Web. À tout moment, vos propos peuvent être déformés et utilisés contre vous de manière tout à fait inadéquate. Prenons l’exemple énoncé lors du cours d’initiation aux technologies éducatives. Alors que des jeunes filles voulaient plaisanter, une enseignante du Saguenay s’est fait saccager son identité. Quelques messages inventés, des photos truquées, de faux propos diffusés et le tour est joué, la réputation de cette enseignante est maintenant détruite au même moment qu’elle soit congédiée de sa profession ou presque. Toute cette situation s’est produite en raison d’un groupe d’enfants insouciants utilisant les réseaux sociaux sans connaître les effets de leurs gestes! En bref, l’identité numérique peut être la cause de différents vols d’identité ainsi que de la destruction de réputation. Il est donc important d’être prudent lors de nos publications sur le Web.

La cyberintimidation

D’autres parts, les réseaux sociaux contribuent sans aucun doute à la cyberintimidation. Étant pratiquant ou victime de la cyberintimidation, les jeunes sont souvent concernés par ce phénomène. Selon « jeunesse j’écoute », ce type de violence est définit comme une utilisation de la technologie dans le but d’intimider les autres, de leur faire du mal ou de nuire à leur réputation et à leurs relations. Personnellement, nous croyons qu’il est primordial de définir ce danger virtuel, car les jeunes sont souvent peu informés sur ce qu’englobe réellement la cyberintimidation. De plus, l’organisme « jeunesse j’écoute » mentionne différentes actions qui figurent directement dans le principe d’intimidation par internet.

Voici quelques exemples :

•Envoyer des courriels, des messages texte ou des messages instantanés cruels ou menaçants à quelqu’un.

•Afficher des photos intimes ou gênantes de quelqu’un sans lui demander la permission.

•Créer un site Web pour se moquer de quelqu’un.

•Parler des autres sur un blogue sans qu’ils soient au courant.

•Créer des comptes fictifs sur des sites de réseautage social pour ridiculiser les autres.

•Utiliser le mot de passe de quelqu’un pour accéder à sa boîte de courriel.

Ceci étant dit, nous croyons nécessaire de cibler les différentes actions qui sont considérées comme intimidantes, car comme le mentionne l’organisme « jeunesse j’écoute », la majorité des pratiquants de la cyberintimidation ne sont pas conscients du mal qu’ils peuvent causer à d’autres. De plus, selon madame Claire Beaumont, chercheuse et membre de l’Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l’école (OCPVE), l’intimidation est la forme d’agression la plus néfaste qui entraine de graves répercussions sur le plan personnel, social et scolaire des étudiants. En effet, les victimes de cyberintimidation sont parfois très préoccupées par ce problème ce qui peut entrainer différents troubles d’apprentissage. Autrement dit, les jeunes ciblés peuvent devenir en quelque sorte obsédés par une crainte constante face à l’intimidation. Donc, il est important de souligner que l’identité numérique peut aussi entraîner de la violence envers les jeunes.

En tant qu'enseignante ...

En éducation, il est important d’aborder la question de l’identité numérique. En effet, étant un des loisirs préférés des jeunes, une réalité susceptible d’irriter notre milieu scolaire s’impose. Afin de protéger sa vie privée ainsi que celle de ses élèves, l’enseignante doit porter une attention particulière sur les renseignements diffusés sur Internet. En effet, ce constat nous indique qu’elle doit également envisager la prévention concernant l’utilisation des réseaux sociaux ainsi que le fait qu’il est difficile de dissimuler nos traces virtuelles. Selon Monsieur Christophe Poupet, interlocuteur de l'académie d'Orléans-Tours,

d'une manière générale, les élèves semblent peu préoccupés par la problématique de leur identité sur les réseaux sociaux, l’argumentaire sur la vie privée les laisse indifférents, alors qu'à l'inverse une certaine angoisse naît chez les enseignants.

Offrant des formations aux enseignants sur la culture numérique, cet homme ne nous laisse pas indifférents. À ces propos, il est donc important de prendre en considération l’insouciance des jeunes à l’égard des effets négatifs de l’identité numérique. Bref, leur faire voir la différence entre les termes «vie publique» et «vie privée» aidera sans doute certains qui ont perdu la notion du mot «privée».

Tout d’abord, étant un milieu qui requière une socialisation active, les écoles sont considérablement touchées par les répercussions qu’engendre la diffusion excessive de renseignements personnels. Alors, il est essentiel pour l’enseignant de connaître les risques associés à la communication d’informations personnelles et d’avoir une bonne maitrise des technologies. De cette façon, elle pourra aviser les jeunes afin de les conscientiser. Pour ce faire, l’enseignante peut participer à des conférences ou des formations concernant ce monde virtuel. Par la suite, cette dernière aura les connaissances requises pour faire découvrir à ses élèves les conséquences possibles. Notamment, l’affichage de photos compromettantes ou non, d’un profil trop explicite ou même le fait de fournir nos informations personnelles à des milliers d’internautes a des conséquences autant sur la réputation de l’enseignante que celle des élèves. De ce point de vue, il est nécessaire de leur démontrer la réalité telle qu’elle est devenue et d’arriver à les sensibiliser en leur donnant des exemples de cas vécus. Fréquemment, les enfants sont inconscients des répercussions que peuvent avoir certaines de leurs actions.

Afin d’expliquer qu’est-ce qu’un bon comportement en ligne, il serait intéressant d’avoir en classe des journaux, des livres ou des vidéos qui abordent la question d’identité numérique et de l’importance de la vie privée. Comme a fait l’organisme C.N.I.L (commission nationale de l’information et des libertés) afin de promouvoir des conduites appropriées en ligne, la rubrique intitulée protège ta vie sur Internet, a été publiée ouvertement par Mon Quotidien, le journal d’actualités des jeunes en France. Dans le but de cibler les internautes à risques, cet organisme a également organisé une journée européenne sur la protection des données personnelles et de la vie privée. Alors, il serait favorable d’apprendre aux jeunes à bien gérer leur identité virtuelle.

Dans un même ordre d’idée, comme l’a fait le C.N.I.L qui a mis en place des lois régissant les dimensions légales de ce que l’on peut afficher publiquement, le Ministère de l’éducation pourrait minimiser la déclaration de renseignements confidentiels en élaborant des lois en lien avec ce que l’on peut publier ou non sur Internet. De cette façon, l’enseignante pourrait avoir un certain contrôle et amener régulièrement ces législations en mentionnant l’obligation de les respecter comme toute légalité au Québec. http://www.cnil.fr/vos-libertes/vos-droits/le-droit-a-linformation/.

Puis, il serait favorable de former un comité d’enseignants qui pourrait faire la prévention dans l’école. Ainsi, cette association pourrait se soutenir mutuellement, protéger leur identité professionnelle et travailler de concert avec la direction. Delà, les élèves seraient prévenus et strictement encadrés, ce qui pourrait les mettre en garde lorsqu’ils naviguent dans les réseaux sociaux. De cette façon, l’identité serait protégée et plusieurs conséquences seraient évitées.

Tout compte fait, l’identité numérique peut engendrer plusieurs effets négatifs dans la vie personnelle des gens. En débutant par une plaisanterie pour se terminer en préjudices, les réseaux sociaux sont souvent la cause de problèmes professionnels. Cela dit, il est donc primordial pour l’enseignant de se protéger tout en sensibilisant les jeunes qui naviguent sur les Web pour leur démontrer l’importance de sélectionner adéquatement les renseignements personnelles qu’ils diffusent. D’une façon générale, le milieu de l’éducation est ciblé davantage puisque les jeunes n’ont pas de connaissance dans le domaine informatique et sont indifférents à l’égard des répercussions destructrices d’image personnelle.

Bibliographie:

http://rire.ctreq.qc.ca/2009/12/la-cyberintimidation-une-cruaute-virtuelle-bien-reelle-c-beaumont-2009/

http://jeunessejecoute.ca/Teens/InfoBooth/Bullying/Cyberbullying/What-Is-Cyberbullying.aspx

http://www.scribd.com/doc/32327614/E-book-Identite-Numerique-enjeux-et-perspectives

http://www.les-infostrateges.com/actu/1006975/identite-numerique-enjeux-et-perspectives

http://fqde.qc.ca/revue-fqde/lidentite-numerique-institutionnelle/

http://www.lefigaro.fr/france/20070330.FIG000000081_vol_d_identite_le_cauchemar_des_victimes.html

http://ww2.ac-poitiers.fr/doc/spip.php?article271

http://www.networkers-in-the-city.com/blog/mots-clefs/criminels

http://www.linformaticien.com/Actualit%C3%A9s/tabid/58/newsid496/8983/un-criminel-vole-l-identite-du-secretaire-general-d-interpol-sur-facebook/Default.aspx

http://www.educnet.education.fr/veille-education-numerique/avril-2010/identite-numerique-e-reputation-droit-a-l-oubli

*Nous certifions avoir fait notre possible pour produire un essai sans faute.

Valéry Lapointe et Marilyn Ferland

etu29

Auteur: etu29

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (0)

Soyez le premier à réagir sur cet article

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

no attachment



À voir également

Clair2019 - Une autre tempête pédagogique

C'est parti pour la dixième édition du colloque de Clair.

Lire la suite

Tout ce que vous vouliez entendre (ou pas!) sur les TIC, les jeunes, l’apprentissage et l’enseignement!

Lundi le 28 mai, j'aurai une conversation-conférence avec André Gobeil (le directeur général du Cégep de Chicoutimi). Le titre dit tout!

Lire la suite