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L'identité numérique et l'enfant

L’identité numérique et l’enfant

En effet, nous sommes arrivés déjà depuis un moment à l’ère des technologies de pointes. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, l’évolution technologique n’a évolué aussi rapidement. Si j’ai vécu la frénésie de l’arrivée en sol canadien de la console Nintendo en 1986, il serait impossible pour moi de dénombrer toutes les consoles qui ont suivit sans en oublier. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres au sujet de l’avancée technologique, j’aurais aussi pu m’inspirer de l’ordinateur qui ne cesse de rapetisser mais qui devient aussi de plus en plus puissant. L’Internet, de son côté, est plus facilement accessible que jamais et on y retrouve de plus en plus d’informations. Mais est-ce que toutes ces informations disponibles sont bonnes à savoir? Peu de gens savent que par leurs simples déplacements sur le Web on peut retracer qui ils sont dans les moindres détails. Non, ce n’est pas automatiquement les agents de la Sureté du Québec qui vous surveillent. En général, personne ne nous surveille particulièrement, mais il serait possible de le faire aisément. La navigation en toute sécurité est possible pour tous ceux qui comprennent bien l’enjeu de ce phénomène. Mais qu’en est-il de ceux qui ne comprennent pas vraiment, comme les enfants, mais qui se servent néanmoins de l’Internet? Ils ne comprennent pas car personne ne leur a montré. Mais à qui revient la tâche ardue de montrer aux jeunes les risques qu’occasionne la mauvaise utilisation du Net? Les enseignants doivent de plus en plus intégrer les tics à leur programme, est ce leur mandat d’intégrer l’utilisation sécuritaire du Web ? Est ce que les parents doivent préparer leurs enfants à cette réalité? Sont-ils en mesure de le faire? Il s’agit d’un casse-tête intéressant que j’explorerai dans les prochaines lignes. J’aborderai tout d’abord les risques que représente la mauvaise utilisation de son identité sur Internet. Par la suite je tenterai de déterminer comment ce risque peut affecter la vie des jeunes. Pour terminer, je vais tenter de déterminer qui devrait préparer les jeunes à bien utiliser leur identité numérique.

L’intimité menacée?

Effectivement, il est facile de manifester notre inquiétude face à une situation sans toutefois être totalement conscient des types de risques que nous courrons. À titre d’exemple, si on entend dire qu’il y a un loup qui se promène la nuit dans notre quartier, il est fort à parier que la méfiance sera au rendez-vous même si la présence du loup n’a jamais causé quoi que se soit de négatif. Ainsi, il serait alarmiste de crier haut et fort que notre vie privée est en danger sans toutefois certifier exactement quel est la nature de ce danger. En ce sens, on peut voir l’identité numérique comme une forme de réputation en ligne. Tout ce que l’on dit et fait peut jouer contre nous et peut avoir des conséquences très négatives. Le problème peut être aussi banal qu’un commentaire à propos d’un ou d’une collègue de travail sur un réseau social qui causerait un conflit ou une perte d’emploi. Ou devenir aussi grave qu’une usurpation totale de l’identité virtuelle. Ce qui cause ce désagrément réside généralement dans la publication en ligne de trop d’informations personnelles. Ainsi, l’usurpateur d’identité n’a qu’à suivre à la trace les informations de la personne laissées un peu partout sur le web jusqu’à en savoir suffisamment pour avoir le contrôle en entier. Un exemple intéressant retracé sur Internet est celui de Marc L***. Le magazine français « Le Tigre » a traqué ses faits et gestes de manière à monter un dossier complet à propos de sa vie et a publié deux pages d’informations personnelles dans son volume 28 le 7 janvier 2009. L’exercice aura prouvé hors de tout doute de la facilité avec laquelle on peut récolter des informations sur le Net. Donc, il peut aussi y avoir des désagréments dans la vie réelle, car il est évident que les informations personnelles perdues représentent souvent des parcelles de notre intimité comme en témoigne le « cobaye » qu’a été le fameux Marc L***. L’adresse, le numéro de téléphone, le numéro de carte de crédit et le numéro d’assurance social sont des informations qu’il faut absolument éviter de laisser entre les mains de certains individus en qui nous n’avons pas une entière confiance.

Néanmoins, serait-il un peu trop pessimiste de craindre pour les enfants dans le contexte ou ils ne naviguent pas nécessairement sur des sites qualifiés comme étant dangereux? Généralement, les quelques éducateurs qui auront un impact dans la vie d’un enfant (les parents, la famille, les enseignants, etc.) ont un rôle de modérateur. Ils auront donc le mandat de protéger le jeune en lui imposant certaines limites. C’est ainsi que l’adulte responsable peut gérer les dangers qui pourrait guetter l’enfant. Seulement, il ne faut pas oublier que les petits deviendront grands et qu’à un moment donné ils demanderont beaucoup plus de liberté pour affirmer leur personnalité. C’est à ce moment que le problème peut se manifester. Les contraintes sont bien belles et efficace mais une fois qu’elles sont partiellement levées, est-il certain que le jeune est apte à agir de lui-même de manière totalement sécuritaire? Je crois bien que non. Principalement car personne ne lui a expliqué pourquoi on lui imposait ces limites. Tout ce que se souvient l’adolescent face à cette situation, c’est que maintenant les règles n’existent plus ou ont été modifiées de manière à lui laisser plus d’autonomie. Si on se place dans le contexte de l’identité personnelle qui serait menacée et qu’on applique cette théorie à la situation, le jeune n’aura rien compris de la leçon tout simplement car on ne lui a jamais donné cette information. Il est facile de dire aux jeunes qu’ils ne doivent pas faire quelque chose, mais si on ne leur explique pas pourquoi, ils ne seront jamais aptes à interagir normalement en société. C’est pour cela qu’il faut que quelqu’un présente l’importance de la bonne utilisation de l’identité numérique aux jeunes. Les traces restent et peuvent détruire une carrière ou une vie avant même qu’elle commence. L’accessibilité aux commentaires que l’on fait, à nos photos ou vidéos doivent être accessible uniquement à nos proches. La nature des photos et des vidéos est aussi très importante. Si un adolescent ou une adolescence se prête à une séance de photos osées ou à caractère vulgaire et qu’en suite il l’a publie sur le réseau social Facebook, des conséquences fâcheuses peuvent le hanter très longtemps. Peu savent que lorsqu’on s’inscrit sur les réseaux sociaux on donne 50 pourcents des droits sur tout ce qu’on y publie aux gestionnaires. Bref, ça n’a peut-être pas beaucoup d’intérêt aux yeux d’un jeune maintenant, mais plus tard sa le rattrapera. Comme l’enquête réalisé par la société anonyme interprofessionnelle française « Médiamétrie » paru dans blogue « La crémerie » le 21 août 2009 le mentionne, 16 millions de personnes en France sont aujourd’hui inscrit à des réseaux communautaires. De plus, 62,9 pourcents de ceux-ci ont moins de 35 ans. Si la France compte aujourd’hui plus de 64 millions d’habitants, il s’agit donc de 25 % de la population qui partage, via des réseaux sociaux, des informations personnelles. En sachant très bien que les enfants et les adolescents représentent une proportion assez imposante, les problèmes d’identité sont quasi inévitables. Au Québec, selon un bulletin du CEFRIO paru sur le site « Le courrier international» le 3 juin 2010, cette proportion atteindrait 40 pourcents de la population. Une tendance qui s’accentuera de plus en plus avec les années.

À qui revient le rôle? Maintenant que les risques sont exposés, il faut explorer des pistes pour contrer ces risques. Ainsi, les jeunes d’aujourd’hui consomment beaucoup d’Internet et cela de plus en plus jeune. Tout simplement car, contrairement aux générations précédentes, la technologie est déjà répandue dès leur naissance. Comme Internet est au cœur de leur quotidien dès leur plus jeune âge, ils doivent donc être informés très tôt de la marche à suivre pour éviter ces soucis. Mais qui est apte à réaliser ce mandat? Cette question demeure nébuleuse car elle demande aux acteurs potentiels, surtout les parents et les enseignants, de bien connaître le dossier de l’identité numérique. Ainsi, je crois que les personnes les mieux placées pour préparer les enfants à naviguer sur le Web sont les parents. Principalement car les enseignants ne sont pas nécessairement formés pour le faire durant leurs études, ils doivent donc apprendre par eux-mêmes. Certes, pour la nouvelle cohorte d’enseignants la question a bel et bien été abordée grâce au cours d’initiation aux technologies éducatives, mais les professeurs plus âgés n’ont pas eu cette chance. Les parents sont-ils alors mieux formés à ce sujet? Pas nécessairement, mais la question de la sécurité de l’identité de leurs jeunes est supposée être l’un de leurs soucis principaux au même niveau que leur protection dans la vie de tout les jours. Il faut donc qu’il soit préparé à ce défi. Pour le moment est-ce qu’ils le sont? Certaines statistiques tendent à croire que ce ne sont pas tous les adultes qui pensent avoir le plein contrôle sur leurs informations personnels qui circulent. Ainsi, seulement 7 pourcents des Français y croient vraiment selon un billet publié sur le site « Éducnet » en avril 2010. Le même article publie pourtant que 78 pourcents de la population font attention à leur identité en ligne. Donc, on est conscient du problème, mais nous ne le maîtrisons pas totalement. Il est donc difficile de bien former un enfant si nous ne sommes pas totalement certains de la méthode que l’on emploie soi-même.

En ce sens, même si j’avais la nette impression que c’était le rôle du père et de la mère, peu sont totalement aptes à corriger cette lacune rapidement. Il faudrait donc une implication commune de tous les acteurs sociaux en place pour effectuer une prise en charge efficace. Premièrement, les parents doivent s’intéresser et consacrer du temps pour accompagner le jeune sur Internet. Ainsi, ils peuvent plus facilement lui expliquer les enjeux par rapport aux actions qu’ils posent sans se soucier. À titre d’exemple, lorsque l’on s’inscrit sur le réseau social par excellence, c'est-à-dire Facebook, peu de gens se préoccupent du contrat qui lie le consommateur aux gestionnaires. Bref, le fait d’expliquer au jeune que lorsque l’on s’inscrit à une quelconque application, il faut être conscient de l’engagement qu’on accepte serait un pas important vers la conscientisation. Le parent doit aussi être au courant du potentiel et des dangers des outils Web que son enfant exploite. Le principal problème à vaincre est d’être encore moins informé que les jeunes. Ainsi, lorsque l’on ne comprend tout simplement pas ce qu’ils font, on a tendance à les laisser faire sans se poser de questions.

Du côté des enseignants qui auront une place très importante dans la vie des jeunes, ils doivent prendre une partie du fardeau pour rattraper la possible négligence des parents à ce sujet. Le rôle de l’enseignant débute par une forme de prévention face à la divulgation de renseignements. À titre d’exemple, il peut expliquer aux jeunes qu’ils doivent éviter de mentionner en ligne certaines informations personnelles. Ensuite, il pourrait assister les jeunes dans leur première conversation en ligne et ainsi les guider directement. Il est parfois plus facile pour les jeunes de comprendre à l’aide d’un exemple concret que de manière théorique. Les enseignants peuvent aussi compter sur certains livres qui permettent à l’élève de lire sur le sujet. Néanmoins, le travail des professeurs ne s’arrête pas là. Ils ont la chance de côtoyer les jeunes tout au long de leur adolescence aussi, ce qui leur permet d’assurer un certain suivi. Au niveau du secondaire, il faut absolument que les jeunes soient abordés au sujet de l’importance de la réputation en ligne. Avec l’avènement de l’hyper-sexualisation, les adolescents et adolescentes ont tendance à se dévoiler en photos ou sur vidéos. C’est un problème social important qui n’entache pas que la réputation virtuelle, il affectera aussi la vie réelle du futur adulte. Par la suite les enseignants peuvent pousser plus loin l’introduction aux moteurs de recherches, aux applications diverses et aux logiciels que les jeunes doivent utiliser dans la vie de tous les jours.

Finalement, pour le moment le danger est bien réel en ce qui concerne l’identité numérique et peu de gens savent comment se protéger convenablement. Ainsi, il est difficile de tenter de « cyber-éduquer » les jeunes dans ce contexte. Il faut donc que tout le monde y mettent du sien pour tenter d’enrayer cette lacune. Les parents doivent s’intéresser aux nouvelles technologies et accompagner leurs enfants dans cet apprentissage qui est essentiel de nos jours. Les enseignants doivent aussi faire leur part mais sont-ils préparés à ce défi? Comme ils se servent de plus en plus des avantages d’Internet dans leurs salles de classe, il faut absolument qu’ils soient prêts. Bref, l’identité virtuelle se rapproche de plus en plus de l’identité réelle, il faut être conscient qu’à un endroit ou à un autre nous sommes la même et unique personne. Seriez-vous prêt à donner des renseignements personnels à propos de vous à un étranger sur la rue? Alors, pourquoi le faire sur Internet?

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Auteur: etu84

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