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Using Social Media to Engage Youth: Education, Social Justice & Humanitarianism

Le texte débute simplement avec un discours devenu assez fréquent. On explique qu'il y a les natifs et les immigrants du numérique. Les natifs apprécient particulièrement les technologies et les réseaux sociaux. (Le texte présente plusieurs statistiques intéressantes.) Le problème (du point de vue des adultes et des gens qui sont responsables de l'éducation des natifs), c'est que les natifs utilisent surtout les réseaux sociaux pour les loisirs alors que leurs parents/éducateurs aimeraient bien qu'ils utilisent ces outils de manière plus constructive.

Selon les auteurs, (je placerai la référence complète au bas du billet), la clé pour y arriver résiderait dans la compréhension qu'il faut miser sur le style d'apprentissage préféré des jeunes natifs qui est de nature informelle, réseauté et collaboratif. Les auteurs laissent entendre que plutôt que de poursuivre dans l'utilisation de principes de design pédagogique associés à de vieux médias ou à une autre génération, les immigrants numériques doivent aller rencontrer les jeunes là où ils sont. Cela pourrait même vouloir dire qu'il faudra se joindre à leur communauté en ligne et donner du "contrôle" ou de l'importance à des réseaux peu structurés pour être capables de leur enseigner ou de les aider à apprendre puisque l'efficacité des programmes d'intervention auprès des jeunes dépends beaucoup de leur capacité de naviguer à travers la technologie et de communiquer dans le langage des natifs du numérique.

Rather than attempt to foist old media teaching assumptions upon new media learners, advocates from the digital immigrant generations must learn to meet youth where they are—even if that means embracing and even joining their online communities, and empowering unstructured networks of youth to teach and mentor each other. Much like developing cultural competence, the efficacy of youth advocates and intervention programs depends upon their ability to navigate the technology and communicate in the language of native digital speakers.

Les auteurs présentent ensuite deux théories: Positive Youth Development ou PYD et Relational-Cultural Theory ou RCT.

Les théoriciens de la PYD décrivent 5 caractéristiques qu'un jeune qui a un développement sain a:

  1. le sentiment de compétence;
  2. la confiance;
  3. le sentiment d'être connecté;
  4. avoir du caractère (ou une personnalité bien à soi);
  5. se soucier des autres.

Selon cette théorie, un programme ou curriculum aura du succès s'il amène le jeune à développer ces caractéristiques. Deux processus permettraient d'y arriver:

  1. la participation à une communauté
  2. jouer un rôle dans l'amélioration des conditions de cette communauté.

Par contre, les auteurs expliquent que la théorie PYD a été élaborée avant l'arrivée des réseaux sociaux. Ces outils offrent de nouvelles possibilités auxquels il faut probablement l'adapter.

La RCT, quant à elle, se centre surtout sur l'impact des relations interpersonnelles sur le développement des jeunes. Elle aurait permis d'identifier certaines caractéristiques de ces relations qui sont bénéfiques du point de vue du développement social:

  • authenticité;
  • ouverture;
  • engagement mutuel;
  • efficacité;
  • la possibilité d'exercer du contrôle.

Les travaux fondateurs de cette théorie ont aussi été effectués dans un contexte de face-à-face, avant les réseaux sociaux. Les auteurs assument cependant que l'importance de ces facteurs n'est pas diminuée par les réseaux sociaux. Pour intervenir efficacement auprès des jeunes, il faudrait donc traduire les théories PYD et RCT dans un programme qui utilise les médias sociaux, le Web et le style préféré d'apprentissage des jeunes sécuritairement.

En se basant sur les théories citées plus tôt, les chercheurs ont donc créé le site GenerationPulse pour faire suite à l'ouragan Katrina afin de permettre aux jeunes de communiquer et d'échanger. Les étudiants des chercheurs (localisés à Boston, donc loin des ravages de Katrina) ont contribué en nourrissant le site de vulgarisation scientifique à propos de la dépression, du racisme, du volontariat et de tout autre sujet que les jeunes semblaient vouloir discuter.

Ce site de réseautage social a eu plusieurs retombées positives, autant pour les jeunes de la zone dévastée par Katrina que pour les autres jeunes de la région de Boston et d'ailleurs aux États-Unis qui l'ont utilisé pour communiquer et échanger. D'ailleurs, le site est toujours en fonction et est maintenu par un comité de jeunes (secondaire, collège, université). Le contenu du site est maintenant structuré autour de 3 sections: explorer, partager, agir. Les actions qu'ont y entreprend dépassent maintenant Katrina et la Nouvelle-Orléan et touche plusieurs évènements ou situation qui intéressent les jeunes ou dans lesquelles les jeunes peuvent bénéficier de se réseauter et d'échanger (guerres, catastrophes...).

Educators and counselors may consider supplementing their efforts by leveraging social media that is attractive and familiar to the digital natives.

Il semble que pour les jeunes qui utilisent ce site, son attrait réside dans sa capacité à fournir un moyen de s'engager et de rendre service au moment de son choix et à sa façon tout en vivant une expérience engageante, familière et confortable pour des jeunes natifs du numérique.

Suite à leurs expériences et à leurs recherches, les auteurs concluent que pour utiliser efficacement un site ou un outil de réseautage social sur le Web, il faut:

  • impliquer les jeunes dans le design, la diffusion et l'évaluation des messages de prévention diffusés;
  • aller chercher de la rétroaction de la part des jeunes natifs afin de maintenir la pertinence;
  • planifier pour maintenir l'accessibilité et la durée (demeurer en ligne);
  • rechercher la flexibilité et être créatif;
  • que le site soit interactif;
  • toucher les jeunes, ce doit être personnel;
  • se souvenir que les problèmes pratiques nécessitent des solutions pratiques...

Référence de l'article résumé:

Liang, B., Commins, M., & Duffy, N. (2010). Using Social Media to Engage Youth: Education, Social Justice & Humanitarianism. The Prevention Researcher, 17(December), 13-16.

pgiroux

Auteur: pgiroux

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