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Livre numérique: Pourquoi pas au Québec?

L'article offre, en lui-même quelques morceaux de réponses. D'abord, il faut savoir que la technologie domine l'industrie coréenne et que ce pays a grandement besoin de travailleurs qualifiés. On permettra ainsi à encore plus de jeunes de se familiariser avec certains aspects de la technologie. Ensuite, la Corée est déjà l'un des pays où les jeunes sont le plus compétents en regard d'Internet. Cela devrait faciliter le changement.

Malgré tout, je me demande... Un tel changement aura sans aucun doute un gros impact sur les pratiques enseignantes. Quelles préparations pour les enseignants coréens? Sont-ils déjà compétents à ce point sur le plan des technologies et de la pédagogie? Je le demande parce qu'il me semble que le Québec devra rapidement faire ce changement alors que nous n'avons même pas été capables de concrétiser la réforme qui ne cesse d'être minée pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons. Cette réforme était pourtant un passage logique vers une intégration plus complète des TIC à l'école. Comment les Coréens vont-ils s'y prendre pour que ce changement rapide se réalise sans trop de heurts?

Ça pourrait être intéressant de le savoir... Parce qu'il ne faut pas se le cacher, sur le plan éducatif, le Québec s'enfonce ou, à tout le moins, a cessé d'avancer et ne sera rapidement plus un leadeur. Cela veut dire que les jeunes adultes d'autres régions et pays du monde seront bientôt mieux préparés à mener une vie productive que les jeunes Québécois. (J'assume ici que les technologies gagneront en importance dans la société et seront toujours plus associées à la création d'emplois payants et au maintien d'un haut niveau de qualité de vie. Je ne crois pas avoir à vraiment argumenter ce point...)

En étudiant ou suivant l'expérience coréenne, nous pourrions apprendre des choses utiles...

Notez que je ne me suis pas lancé dans des explications ou des prises de position quant à ce qui nous empêche de réussir un tel changement... J'ai bien quelques idées, mais je n'ai pas le gout de faire dans la polémique ce matin. :-)

pgiroux

Auteur: pgiroux

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Commentaires (2)

Stéphane Allaire (Ytsejamer) Stéphane Allaire (Ytsejamer) ·  08 août 2011, 10:22:15 AM

Quelques idées à la volée...

- Il me semble y avoir des différences culturelles importantes entre le Québec et les pays asiatiques, notamment dans la capacité de prise en charge collective pour faire face, «ensemble», à des défis d'envergure. Je pense à un gouvernement asiatique (je ne me souviens plus lequel) qui a lancé un appel à la population il y a un certain nombre d'années quant à l'importance d'améliorer la qualité du travail effectué pour pouvoir figurer parmi les meilleurs à l'international. L'établissement d'un projet collectif, d'une vision partagée est généralement bien difficile au Québec.

- Les maisons d'édition de manuels scolaires ont un pouvoir important au Québec; je serais curieux de savoir ce qu'il en est en Corée. L'émergence du numérique amène de nouveaux enjeux pour elles et, à l'instar de l'industrie du disque, je crois que cette industrie n'a pas si envie que cela de faire face à la musique (notamment pour des raisons financières et de perte d'exclusivité). À long terme, leur réticence à proposer de nouveaux modèles d'affaires finira probablement par se retourner contre elles mais on n'en est pas encore là et, d'ici là, ces maisons sont tout à fait légitimées de conserver principalement le modèle traditionnel, en raison notamment du prochain point que je vais aborder.

- La culture du manuel scolaire traditionnel est particulièrement présente au Québec. On s'en remet beaucoup à lui. Beaucoup plus par exemple que des pays comme la France et la Belgique où nos étudiants stagiaires du Québec qui vont y faire un stage international sont habituellement grandement déstabilisés lorsqu'ils se rendent compte qu'ils doivent compter sur autre chose qu'un «petit catéchiste» pour préparer et dispenser leurs cours. Cela me semble être particulièrement le cas au secondaire.

- Je suis en faveur d'une plus grande place pour le numérique. Toutefois, si tout ce qu'on fait, c'est de numériser les manuels actuels pour pouvoir les consulter à partir d'une tablette ou d'un portable, la valeur ajoutée me parait plutôt mince (à part principalement l'économie de papier) et je ne crois pas qu'il s'agisse alors d'un véritable changement. Évidemment, cela peut être un premier pas vers autre chose. L'article de Reuters donne à croire que c'est vers ce «demi-changement» que la Corée s'en va. Un «vrai» nouveau modèle a tout intérêt à exploiter les atouts communautaires d'Internet.

- Dernier point: celui de la préparation des enseignants. Il est difficile de préparer des gens à quelque chose qui n'existe pas encore. Aussi, à une époque où les choses changent de plus en plus rapidement, cela devient une course sans fin. Je vois davantage la «préparation» selon une dynamique itérative où l'on devient de plus en plus compétent, expert en le faisant (plutôt que avant de pouvoir le faire). Aussi, le changement, l'innovation demandent du temps. On reproche parfois à la culture enseignante de manquer d'ouverture par rapport au changement. Encore faudrait-il que les gens aient le temps d'expérimenter de nouvelles choses, d'y réfléchir, de se documenter, d'en discuter, d'ajuster le tir, etc. Or, la structure organisationnelle actuelle des écoles primaires et secondaires ne favorise généralement pas cela. Pourtant, il y des écoles qui font autrement et qui réussissent à libérer des espaces-temps d'une durée suffisamment intéressante pour que les gens puissent s'engager dans une démarche de changement. À mon avis, une des lacunes importantes qui existent à l'heure actuelle en éducation par rapport à la préparation, c'est la préparation à la formation continue, au développement professionnel continue, à l'importance de prendre part à des projets de recherche-développement; bien plus que la préparation à réaliser des tâches spécifiques. Ce type de préparation est une des clés importantes de la régénération de la profession.

Bonne journée!

Patrick Patrick ·  11 août 2011, 9:06:00 AM

Bonjour Stéphane,

Longue réponse qui soulève plusieurs autres questions... Certaines me semblent plus importantes. À tout le moins, ce matin, certaines m'intéressent plus que les autres!

1. La difficulté d'établir un projet collectif au Québec. Je ne peux qu'être d'accord avec ton observation. Ça m'amène à me demander pourquoi? Pourquoi le Québec a-t-il été capable de se rallier à de grands projets durant la Révolution tranquille? Pourquoi ne serions-nous plus capables? Manque de leadeurs politiques informés ou capables de faire l'unanimité? Ou peut-être le pouvoir est-il trop divisé avec les syndicats d'un côté, les ordres professionnels, les dirigeants d'entreprises et les autres qui tous pensent le monde en fonction de leurs objectifs personnels.

2. "Un «vrai» nouveau modèle a tout intérêt à exploiter les atouts communautaires d'Internet." Je suis tout à fait d'accord... C'est une des raisons qui me pousse à accorder autant de temps aux outils sociaux, au Web 2.0 et aux outils de travail collaboratif dans mes cours. J'ai pourtant souvent l'impression de ramer dans le vide...

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