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Bloguer ou pas à l'université: Quand?

Il y a quelques jours, j'ai publié un billet qui portait presque le même titre et qui a suscité quelques commentaires... Ce matin, je tente de répondre à la question de Carole qui voulait savoir:

...les heures que tu mets à nourrir ton blogue sont en plus de tout ça, ou au lieu de tout ça... parmi tout ça... Est-ce que tu as changé ta manière de faire les choses pour y arriver ?

Juste avant, Carole parlait à juste titre du volume de travail d'un professeur universitaire. Je n’essaie pas de faire pitié, mais parlons-en tout de même un peu.

Comme professeur, je dois faire de la recherche, encadrer des étudiants, communiquer mes résultats, enseigner, participer à la gestion du module, du département et de l'université via ma participation à divers comités. En plus, je suis père de deux jeunes filles qui seront bientôt des belles grandes femmes. Malheureusement, il n'y a que 24 heures dans une journée.

Pourquoi est-ce malheureux? Parce que chacune de ces occupations est incroyablement intéressante.

Faire de la recherche est une activité passionnante qui me place devant des problèmes à résoudre ou à comprendre. J'aime ça. Je suis curieux, j'adore l'idée d'en savoir toujours plus! J'aime aussi avoir l'impression de travailler à améliorer la situation humaine en général, bref, je me sens utile.

J'aime aussi enseigner et encadrer des étudiants gradués. C'est une activité très satisfaisante sur le plan personnel. Là aussi, j'ai l'impression de faire une différence.

Participer à des comités qui gèrent des dossiers plus ou moins importants et qui contribuent à rendre la vie à l'université plus facile, agréable ou efficace n'est pas l'aspect que je préfère dans mon travail, mais c'est tout de même agréable. J'ai souvent des opinions très tranchées, je manque de patience et je suis souvent impulsif. Mon travail dans les comités m'a souvent permis de mieux comprendre certains aspects de la vie universitaire et, surtout, de travailler ma patience et d'apprendre à être plus nuancé... Le contact avec mes collègues dans ce contexte est donc positif!

L'écriture... Ah! L'écriture... Ça c'est un défi! J'ai toujours eu de la difficulté à écrire. C'est long et pénible sur le coup. Un texte pour lequel les meilleurs de mes collègues investiront 3 heures m'en prend facilement six! Mais c'est tellement satisfaisant lorsqu'un journal accepte de publier un article.

Alors, il est où le problème? C'est que ces activités requièrent beaucoup de temps et que je n'arrive pas à choisir. Car il faut choisir... Impossible pour la majorité d'entre nous (les professeurs) d'exceller dans tous les aspects. Il faut donc choisir un des lièvres et lui courir après avec toutes nos énergies!

Actuellement, donc, je blogue « parmi tout ça ». J'essaie de faire un peu de tout et je ne fais rien de tout cela très bien. Je fais un peu de recherche et je publie un peu, mais probablement pas assez pour me démarquer. Déjà, des collègues qui ont gradués avec moi ont presque deux fois plus de subvention et de publications que moi. À ce rythme, je deviendrai un bon « second violon » pour d'autres chercheurs. Je touche un peu à l'administration, mais mon implication demeure superficielle par manque d'implication. J'enseigne et je crois donner des cours utiles, mais ce n'est probablement pas toujours le « meilleur cours que je pourrais donner ». Je suis aussi père et je tente de passer du temps de qualité avec ma famille, mais parfois le travail m'en empêche ou me met devant des situations où je dois choisir...

Et je blogue parmi tout ça parce que ça me semble utile... En plus, c'est satisfaisant parce que j'ai vraiment l'impression d'être lu! Mais je ne blogue pas autant et aussi bien que je le voudrais.

Tant que mes objectifs professionnels ne seront pas mieux définis, je crois que je vais continuer à bloguer et tenter de concilier tous les aspects de mon travail. Par contre, quand j'aurai fait un choix, certaines activités devront probablement être mises de côté!

J'ignore si j'ai bien répondu à Carole, mais c'est là que j'en suis...

pgiroux

Auteur: pgiroux

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Commentaires (3)

Mélanie Mélanie ·  07 novembre 2011, 11:41:13 AM

J'ai lu avec intérêt vos 2 derniers articles. J'ai aussi cette réflexion, j'ai un projet de blogue qui me trotte en tête depuis longtemps, mais comme vous tous, le temps manque. L'idée serait de faire un blogue écrit par les membres de notre labo (le chercheur principal, les étudiants gradués, et je suis assistante de recherche). À ma connaissance, dans le monde scientifique, cela n'existe pas au Québec et en français.
Je ne peux m'empêcher de me demander pour quelles raisons nous le ferions et quel serait notre auditoire. J'imagine que je ne le saurais qu'en cours de route. J'ai vu un message sur Twitter récemment, de la part d'un labo se demandant si d'autres labos avaient eu des retombées ou trouvaient pertinent de twitter. Très peu de réponses... Pourrait-on communiquer à d'éventuels collaborateurs internationaux si nous écrivons en français? Si on le fait en anglais, nous perdrions le principe même de partage à notre société, ici au Québec.
Nous travaillons sur un sujet de recherche assez pointu, la vulgarisation est un travail difficile que nous pratiquons très peu souvent. Pourtant utile et nécessaire à la société, mais si peu reconnu par les universités. Les étudiants y gagneraient certainement une expérience différente, mais ce n'est pas "obligatoire", il faudrait qu'ils soient très motivés à le faire... Comment maintenir l'intérêt à écrire des articles de la part de mes collègues (ou moi), car comme vous le dites, cela demande temps et énergie? Sur quels sujets? Je ne voudrais pas que les étudiants dérapent un peu et s'engagent sur des positions que "nous" ne voudrions pas endosser. Nous ne pouvons pas non plus tout dire de nos résultats en cours, sans risquer de se faire "scooper"!
Doit-on être les pionniers et être présent sur Internet, bien avant que les universités en reconnaissent les bienfaits? Y trouverions-nous d'autres avantages? Mais lesquels? Jusqu’où s'investir? Page/groupe Facebook, Twitter, Google+? Comment savoir lequel vaut la peine? J'ai déjà de la difficulté à maintenir à jour notre site web...
Ma réflexion se poursuit, peut-être un jour me lancerai-je dans l'aventure... ;-)
Mélanie

DERVIS Philip DERVIS Philip ·  28 novembre 2011, 9:06:42 AM

Bonjour,

Vos réflexions sont tout à fait intéressantes. Je suis doctorant en science de l’éducation et mes recherches portent sur les usages des blogs par les enseignants.
Je prépare une thèse dont le titre est : " Les blogs d'enseignants. Création, usages, valorisation: une étude anthropologique."
En 2011, j’ai produit et soutenu un mémoire de MR2 qui est une étude anthropologique et didactique des blogs d’enseignants.
Ces travaux seront bientôt visibles sur un site dont je pourrais vous donner le lien quand ils seront en ligne si cela vous intéresse.

Cordialement

P. DERVIS

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  30 novembre 2011, 7:44:59 AM

Désolé pour le long silence radio M. Dervis. J'étais à Haiti et non-disponible...

J'aimerais effectivement connaître l'URL de ce site ou les références exacte du mémoire.

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