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Savoir publier...Savons-nous vraiment publier??

Savoir publier???

L’inspiration pour la création de ce billet m’est venue à la suite d’une série de commentaires qui ont été publiés dans mon premier billet sur les TIC. Je dois vous avouer que la rédaction de ce billet a été ardue puisqu’à chaque fois que je m’apprêtais à le publier, je trouvais d’autres informations en lisant différents blogues auxquels je suis abonné. Tout cela a provoqué chez moi le syndrome de la page blanche par moment, car j’ai recommencé à plusieurs reprises. Bref, voici le résultat de ma réflexion au sujet du savoir publier.

Tout d’abord, partons du principe qu’en enseignement professionnel ainsi qu’à toute autre forme d’enseignement, et afin de favoriser un apprentissage optimal, nous visons plusieurs types de savoir. Le premier type est le savoir ou la connaissance. Concrètement, ce savoir est développé par les connaissances acquises, plus précisément par la matière que l’on donne en classe. Le deuxième est le savoir-faire ou la pratique. Donc, le savoir-faire est développé par l’apprentissage de procédures, de méthodes ou de moyens qui seront utilisés pour réaliser une tâche ou une action à laquelle les connaissances font référence. Le troisième type de savoir, mais non le moindre, le savoir être; soit les attitudes et les comportements. C’est l’ensemble des attitudes (qualités) et aptitudes personnelles qui permettent de s’adapter dans son milieu. Bref, étant donné que je m’adresse à des enseignants pour la plupart d’entre vous, vous savez déjà tout cela.

Après avoir parlé du web 2.0 (sur toutes ses coutures ou presque) et de l’identité numérique en classe, j’ai moi aussi développé de nouvelles connaissances à propos des TIC. Mon savoir s’est enrichi, ainsi que mon savoir-faire, mais un nouveau savoir reste à développer…..Le savoir publier.

C’est à la suite du commentaire de Patrick Giroux dans sa recommandation de faire la lecture du billet de Jacques Cool (et complètement en accord avec les propos de l’auteur) que j’ajouterais à la liste des différents types de savoirs : le savoir publier. Très sincèrement, je me suis posé la question et peut-être que vous aussi vous vous posez la question suivante : pourquoi ce type de savoir devrait-il s’ajouter à la liste des savoirs? Et bien, je vous répondrai ceci; les habitudes d’utilisation du web 2.0 chez nos élèves, jeunes ou moins jeunes, en FP, demande que l’on prenne le temps de les éduquer à ce sujet. Petite parenthèse, étant donné que je suis enseignante dans un programme de formation professionnelle pardonnez-moi si je cite la FP comme référence d’enseignement. Par contre, je sais pertinemment que de manière générale en enseignement l’on retrouve les mêmes comportements et la même réalité concernant le savoir publier.

Si, le savoir publier m’intéresse à ce point c’est qu’il est au cœur de bien des mœurs et je doute fort que nos jeunes y prêtent attention, mais pourtant!!...Quel dommage, et que de dommages!

Afin de mieux comprendre nos élèves, il est important de savoir ce qui les intéresse sur le net, ce qu’ils y recherchent, ce qu’ils y font et surtout comment ils le font. À l’aide d’une étude bien étoffée soit celle de CEFRIO, nous y retrouvons beaucoup d’informations qui décrivent bien la consommation des TIC chez les jeunes de la génération C. Cette étude répond en grande partie à certaines des questions mentionnées plus haut. En visionnant plusieurs capsules sur youtube, j’ai pu constater quel rapport les jeunes entretiennent avec le web 2.0 et avec quels outils technologiques ils s’y rendent. Dans un billet écrit par Marie-Philippe Gagnon-Hamelin sur le site d’Infobourg et selon CEFRIO, les jeunes 12-24 ans utilisent leurs cellulaires, leur IPOD, leurs tablettes pour avoir accès au web. Dans une proportion de 80 %, ils adoptent le rôle de spectateurs contre 24 % qui s’impliquent et créent du contenu. Toujours selon l’étude, peu d’entre eux possèdent des habiletés techniques pour être en mesure de créer un blogue ou des wikis. Leurs habitudes de consommation du net se résument; à clavarder sur leur cellulaire, de prendre leurs courriels et de se connecter sur les réseaux sociaux. Contrairement à ce que l’on peut penser les jeunes « C » sont de grands consommateurs de réseaux sociaux, mais ne sont pas nécessairement des pros de la techno. Finalement, les jeunes ont besoin d’être encadrés, et ce, en tout premier à la maison et en second lieu à l’école par leurs enseignants.

Pourquoi donner du soutien et d’encadrer les jeunes en ce qui concerne leurs habitudes sur le web ?

La réponse est simple; pour leur permettre de prendre conscience des répercussions négatives que la permanence et l’instantanéité peuvent engendrer. Lorsque l’on parle de la permanence, ce sont les traces indélébiles laissées sur le net et l’instantanéité est l’accessibilité immédiate qui est souvent gérée par l’impulsivité du moment. Dans un commentaire laissé par M. Plantin, nous parlions du fait que sur le net, ces deux concepts (permanence et instantanéité) créent des situations regrettables et que derrière un écran tout est impersonnel. Lorsque l’on fait face à une discussion où l’émotivité prend le dessus, les écrits restent et génère divers problèmes. Ces problèmes auxquels nous sommes confrontés comme société font référence à la violence et à l’intimidation.

Vous pensez que j’exagère? Et bien non! Comme je l’ai déjà dit dans mon commentaire de mon billet; apprivoiser les TIC, mission possible, je m’inquiète des habitudes de nos jeunes et moins jeunes à propos des conséquences de leurs publications sur les réseaux sociaux. Nous avons tous entendu des histoires d’horreur à ce propos dans les médias ou bien dans notre milieu de travail. À chaque session et ce juste dans notre centre, nous sommes confrontés à gérer des situations délicates qui impliquent des élèves qui fréquentent les murs de notre centre. En voulant créer des liens entre eux, ils utilisent un compte facebook de groupe pour communiquer ensemble. Ce qui à la base est un excellent outil pour s’échanger de l’information concernant les cours ou les stages, devient une arme destructrice et, pour ne pas être négative, malheureusement dans la plupart des cas finis en drame. Cela se traduit par de l’intimidation ou des menaces, et crée de l’isolement et parfois même un arrêt de formation.

Je crois, qu’en tant qu’enseignants nous avons un grand rôle à jouer pour permettre à ces jeunes et moins jeunes de se former une webconscience. Et pour être capables de les accompagner et de les éduquer, nous avons nous-mêmes à adopter de bonnes habitudes sur le net. Pour donner l’exemple, il est important d’en connaitre un peu plus sur le respect de la vie privée par rapport à la vie publique. Dans un autre billet de blogue, de Mario tout de go, parle des choix de société quant à la vie privée sur le net versus la vie publique. À ce propos, le rapport quinquennal de la Commission de l’accès à l’information qui parle des natifs du numérique et de leurs habitudes. Plusieurs d’entre eux ne protègent pas leur vie privée, et donne accès à toutes ces informations, en rendant leur profil public, mais à quel prix? De la prévention et de l’information sont diffusées chez nos jeunes de plusieurs manières et plus précisément par le Commissariat à la vie privée du Canada sous forme de site web « ma vie privée, mon choix, ma vie ». Ce site est dédié aux jeunes, mais aussi aux parents et aux enseignants. Alors, c’est à nous de jouer et de nous informer pour mieux encadrer nos jeunes adultes professionnels.

Toutes ces informations lues sur différents blogues me donnent la capacité de faire la différence en me permettant de donner les outils nécessaires à mes élèves pour qu’ils puissent adopter un comportement professionnel. En les sensibilisant de l’image qu’ils projettent sur le web par rapport à leur future profession, j’espère qu’ils auront de meilleures habitudes et utiliseront la nétiquette. En leur démontrant que les traces qu’on laisse derrière soi peuvent nuire à l’obtention d’un emploi ou peuvent provoquer un congédiement, ils seront en mesure de faire un choix éclairé quant à la manière de gérer leur profil, leurs commentaires et que leur vie privée reste privée. S’exposer sur le web est un libre choix, tout comme exprimer ses opinions. Le savoir publier est un savoir qui doit être au cœur de l’enseignement.

Pour ma part, je m’engage à m’investir dans cette construction du savoir publier en m’impliquant dans mon champ de pratique. Dans le cadre de mon programme de formation, j’ai la chance d’inclure le savoir publier dans la compétence « Aspect légal et éthique de la profession » dans la formation santé, assistance et soins infirmiers. En démontrant des situations où des travailleurs de la santé ont été sanctionnés pour des problèmes d’éthiques professionnels, ils pourront faire une réflexion à ce sujet. Même chose pour le programme d’aide à la personne en établissement de santé, la compétence « éthique des métiers » permettra de faire le même exercice. Un lien internet sur youtube « share the party » donne un aperçu des conséquences qu’un simple partage peut provoquer comme situation. Je vous invite à faire l’exercice avec vos élèves. C’est intéressant de voir les réactions!

Pour terminer ce billet, il faudra considérer ce nouveau type de savoir et l’intégrer dans notre enseignement. La réalité dépasse la fiction, nous sommes dans l’ère du changement et c’est à nous de nous adapter pour former de futurs professionnels compétents et responsables.

Ce billet a été crée dans le respect du code d'éthique du blogueur et en suivant la procédure pour la rédaction des articles et les commentaires

etu10

Auteur: etu10

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Commentaires (5)

etu15 etu15 ·  23 avril 2013, 7:32:51 AM

Je suis bien d'accord avec toi sur le besoin d'éduquer les jeunes à prendre conscience de ce qu'ils font sur internet et les répercussions de leurs gestes. Je pense que tout passe par ce moyen pour diminuer les effets négatifs de l'expansion d'internet dans nos vies. Mais je pense que nous nous devons nous mêmes avoir, oui de bonnes habitudes de fonctionnement web mais aussi d'avoir une bonne attitude face à ces nouvelles réalités. Il faut leur faire voir les mauvais côtés pour qu'ils en soient conscients mais aussi du positif qu'ils peuvent en retirer si ils apprennent à s'en servir d'une bonne manière.

Tu donnais comme exemple, un compte facebook communautaire fait par des élèves qui tournaient plus au drame. Je ne connais pas ton implication dans ce groupe mais je sais que lorsque des enseignants sont inclus dans ces échanges, les comportements des élèves sont souvent plus sobres et plus respectueux. Si tu veux avoir des idées pour améliorer de côté avec tes élèves, je te conseille d'aller voir à cette adresse : http://recitfp.qc.ca/spip.php?article524. C'est un enseignant en FP qui a mis sur pied un compte facebook avec ses élèves et il explique très bien tout le déroulement et sa manière de fonctionner pour réduire au minimum les effets négatifs, comme l'intimidation. Tu pourras sûrement y trouver des outils pour aider tes élèves dans leurs publications et ainsi te permettre de mieux les éduquer sur leurs choix.

Je te remercie pour ton billet et j'espère que plusieurs enseignants penseront, comme toi, que nous avons une responsabilité sociale envers nos élèves concernant leurs relations avec les TIC. Merci

etu10 etu10 ·  23 avril 2013, 3:15:48 PM

Bonjour à toi etu15,

Tout d'abord je tiens à te remercier pour ton commentaire qui a été très constructif et instructif. De plus tes propos m'ont amené à me requestionner sur l'utilisation des réseaux sociaux en classe.

Et pour répondre à ta question, en ce qui concerne mon implication avec le groupe d'élève à propos de leur page facebook, les élèves avaient pris l'initiative de se créer une communauté où ils pouvaient s'échanger des informations, des commentaires ou tout simplement discuter de ce qu'ils vivent à travers leur cheminement académique. La situation qui se répète souvent est que les élèves veulent créer un groupe bien à eux pour communiquer et sûrement créer des échanges et augmente le sentiment d'appartenance. Au début c'est souvent le bonheur, car tout le monde est heureux et veulent créer des liens, par contre en cours de route et avec les épreuves vécues (échec, difficultés scolaires, reprise d'examen, etc) le support se transforme et devient malsain. Des clans se forment dans le groupe et l'on peut constater que l'atmosphère change en classe. Souvent on a réalisé que la plupart des altercations proviennent directement de la communauté facebook qui est gérée par les élèves. Malheureusement les enseignants sont rarement invités à faire parti du groupe et par conséquent nous n'avons pas de contôle sur ce qui se dit ou ce qui se passe.

C'est très triste d'avoir ce genre d'expérience dans les murs de notre centre comme référence en ce qui concerne une communauté facebook. Par contre avec le visionnement du lien internet, qui soit dit en passant est un vrai petit bijoux, j'ai ouvert mon esprit car l'expérience vécue par l'enseignant a été très positive. Il a osé quelque chose de différent et a utilisé le réseau social que les étudiants préfèrent le plus et avec lequel ils sont le plus habile. Ce qui a eu pour résultat ; un peu d'investissement au début pour la création et la gestion du compte facebook, mais par la suite, d'après les propos de l'enseignant, les élèves sont devenus autonomes et ont eux-mêmes alimenté la communauté. Ils sont devenus les générateurs d'informations et ils ont pris en charge le compte.

Cela m'encourage à en faire autant, car cela avait l'air assez facile et m'a donné quelques idées pour mes futurs cours....

Je vous recommande le visionnement de ce site pour comprendre comment les tic peuvent être utilisé à l'intérieur de la formation. Drôle de hasard, la présentation de la conférence de l'enseignant a été faite par vidéoconférence et tous les participants avaient leur portables.... :)

voici le site en question suggéré par étu15: http://recitfp.qc.ca/spip.php?artic...

Bon visionnement à tous!!

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  24 avril 2013, 3:44:15 PM

Belle réflexion. Je crois que tu devras aller plus loin dans ta réflexion et envisager leur donner l'exemple et les accompagner dans leur utilisation, peut-être en participant au groupe Facebook ou en créant un groupe le temps de ton cours...
Bravo pour la documentation nombreuse.

Yves Munn Yves Munn ·  24 avril 2013, 4:40:11 PM

Intéressant billet! Je dirais qu'il s'agit d'un savoir-être numérique. Il faut intégrer, dès le primaire, les notions de contrôle de son identité numérique et de responsabilité face aux règles éthiques.

etu10 etu10 ·  24 avril 2013, 5:16:02 PM

Merci Patrick pour ton commentaire,

Et effectivement j'ai le goût d'aller plus loin et d'oser moi aussi....depuis la rédaction de mon billet, j'ai toujours en tête cette idée qui me reviens constamment de créer une page facebook pour faire la paix avec ça une fois pour toute! :)

sérieusement, c'est un de mes projets pour la prochaine session d'automne et ainsi mettre à profit mes nouvelles connaissances....mais surtout devenir un agent de changement. C'est vrai que si je montre l'exemple en créant un groupe facebook qui sera contrôlé, je pourrai mettre en ligne des liens internet sur la bonne utilisation des réseaux sociaux. De cette façon je vais pouvoir être au coeur de l'action et faire un peu d'éducation à ce sujet.

Et drôle de coincidence, Yves, ce midi je discutai justement du BYOD avec mes collègues (je deviens vraiment porteuse de bonne nouvelles) et de l'utilisation d'internet dans notre centre pour faciliter l'apprentissage et pouvoir aller chercher l'intérêt de nos jeunes directement dans leur terrain de jeux. En écoutant attentivement l'opinion de tous et chacun, je vois qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais une chose est sûre c'est que tous étaient d'accord avec le fait que l'intégration des TIC et de la bonne utilisation du web et des réseaux sociaux devraient débuter dès leur plus jeune âge soit au primaire.

Alors il ne reste plus qu'à continuer dans ce sens et qui sait ce qu'il peut arriver... dans un futur rapproché nous assiterons peut-être à un vrai changement....à suivre!

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