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Clair2015: trois constats

Je suis un habitué de Clair. J'en suis à ma sixième visite. Je m'y sens chez nous. Le milieu est accueillant, les gens sourient, ils semblent toujours prêts à répondre à une question ou à aider quelqu'un.

Le colloque a débuté hier soir avec une conférence de Mario Asselin (@MarioAsselin) et un agréable social (Vins et fromages) qui s'est étiré à l’hôtel pour plusieurs d'entre nous. Ce matin, nous visitions les classes et les espaces de création et de travail des étudiants qui nous présentaient les situations d'apprentissage et les projets marquants de la première moitié de leur année scolaire. Il y avait aussi une foule de kiosques dans lesquels des praticiens présentaient des pratiques gagnantes. Autant dire que c'était riche...

Comme je suis déjà venu à Clair, je savais à quoi m'attendre. Je suis parti calmement, armé de mon téléphone pour prendre des photos. J'ai souvent choisi de rester à l'arrière, d'écouter les jeunes et les enseignants. J'observais... Tout en naviguant dans la foule (nous sommes plus de 300 participants à avoir envahi l'école!). J'ai fait trois constats.

1. Les jeunes apprenants de cette école ne sont souvent même pas conscients de développer des compétences essentielles... ILS ONT DU PLAISIR!

C'était facile à constater. Les projets qu'ils nous présentaient ont souvent été réalisés en lien avec des cours, mais surtout sur du temps personnel. Parfois, il n'y a même pas de lien direct avec un cours! Autre indice, quand la récréation a sonné ou quand personne ne venait les questionner, les jeunes continuaient simplement à travailler sur leur robot, leurs blocs ou peu importe ce qu'ils présentaient. Quand ça ne fonctionnait pas comme prévu, ils oubliaient ou cessaient tout simplement de s'occuper de la foule réunie autour d'eux et se plongeaient à fond dans le problème pour le résoudre, peu importe qu'il s'agisse d'un drône qui ne fonctionne pas comme prévu ou d'un piano avec des touches constituées de banane...

À un moment, j'ai décidé de vérifier en questionnant quelques jeunes. Ça a confirmé ma première impression.

2. Les adultes qui accompagnent les jeunes au Centre d'apprentissage du Haut-Madawasca adoptent facilement (naturellement!) une posture d'apprenant.

Ça semble une posture naturelle ici et c'est définitivement gagnant! Durant la matinée, j'ai été témoin de trois occasions où des enseignants se tournaient vers un jeune pour lui poser une question. Ça semblait naturel et les jeunes ne semblaient pas surpris. On leur demandait un truc ou leur opinion et ils répondaient simplement et avec confiance.

3. Les enseignants ont besoin de temps pour échanger/parler, peu importe leur niveau d'expertise pédagogique et technique

Dans le gymnase, des enseignants écrivent ensemble un billet de blogue ou échangent des photos. Ils parlent de cette activité qu'ils ont découverte et ils se demandent comment faire quelque chose de similaire. Sur la table juste à côté une enseignante explique à sa collègue comment créer et utiliser un compte Twitter. D'autres enseignants se retirent à l'opposé du corridor après avoir écouté les explications d'un autre enseignant et jasent de la présentation. (Ces enseignants ont pris cinq minutes avant de se déplacer vers la présentation suivant...)

Des enseignants échangent et discutent partout; sur les divans dans la bibliothèque, derrière les pupitres dans le coin d'une classe, à une table de la cafétéria, autour d'une table près du fameux bar à bonbon, en plein milieu d'une classe dans laquelle des étudiants travaillent, etc. Ce qui est merveilleux, c'est que chaque fois que je tend l'oreille pour les espionner, ils parlent de pédagogie, de projets, des bénéfices potentiels pour les jeunes, de l'apprentissage...

Je déduis de mes observations (à tors ou à raison) que les enseignants ont réellement besoin de ce temps ensemble, et cela peu importe que ce soient des habitués de l'intégration des TIC très "techno-compétents" ou des enseignants qui commencent tout juste à penser à se lancer dans des projets intégrant les TIC, mais ne savent vraiment pas par où commencer.

Le temps passé ici et ensemble est précieux!

Vive Clair2015!

pgiroux

Auteur: pgiroux

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