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Compétences du 21e siècle, quand on passe un peu à côté de l'essentiel!

Je ne veux pas faire un long billet sur le sujet... mais il faut que je le sorte de mon système.

Mon travail m’amène souvent à discuter et à réfléchir à propos des compétences dites du 21e siècle... Lors de la préparation ou la présentation d'une conférence, en lisant sur la littératie numérique pour préparer un article, en discutant avec les Crinqués, en collaborant avec mes collègues dans le cadre de la révision de nos programmes de formation, en préparant une nouvelle mouture de mon cours sur les technologies éducatives, en réfléchissant avec mes collègues du GRIIPTIC spécialistes en TIC à propos de la compétence professionnelle TIC et de la compétence transversale TIC...

Quand j'écoute ce qui se dit dans les discussions, j'ai l'impression que ce qui fait le buzz, ce qui attire l'attention n'est pas la bonne chose.

On passe à côté de l'essentiel!

Je m'explique. On parle beaucoup des compétences. On critique l'ordre dans laquelle elles sont présentées, on commente la manière de les regrouper, on parle de l'absence d'une compétence dans un référentiel par rapport à un autre, on s'interroge sur la formulation desdites compétences qui ne sont, dans les faits, pas toujours formulées sous la forme d'une compétence, etc.

Mais pourquoi autant s'intéresser à ces compétences?

Après tout, on a rien inventé. Ces compétences existaient déjà. Elles étaient déjà importantes ou utiles il y a 10, 20 ou 30 ans. Les parents, la famille, l'École et la vie quotidienne nous offraient déjà une multitude d'occasions de les développer et chacun, selon ses caractéristiques, ses talents, ses désirs et ses expériences, les développaient plus ou moins.

Mais alors, pourquoi autant s'intéresser à ces compétences et en faire tout un plat? N'est-on pas en train de passer à côté du principal?

Ici, je crois qu'il faut se demander pourquoi ses compétences gagnent ainsi en importance. Il faut s'attarder à ce qui motive l'intérêt pour ces compétences.

Il faut mettre le focus au bon endroit...

Le buzz ne devrait pas autant être sur les compétences dites du 21e siècle que sur le contexte extraordinaire que nous vivons. Une époque marquée par des changements tellement important que Michel Serres la compare aux grands bouleversements de l'Antiquité. Certains parlent de bouleversement, d'autres de singularité... En gros, les technologies se développent à une vitesse folle, elles occupent une place de plus en plus importante dans notre vie quotidienne, elles transforment le secteur de l'emploi, influencent nos conceptions les plus fondamentales (distance, savoir, amitié...).

Et on ne parle que des compétences du 21e siècle et on se demande comment mieux les développer...

Ce faisant, on braque les projecteurs au mauvais endroit.

Ce n'est pas les compétences qui sont importantes, c'est le contexte!

Alors si on veut préparer les jeunes pour le 21e siècle, si on veut une école d'aujourd'hui, il ne faut pas autant mettre l'accent sur les compétences que sur le contexte!

L'École travaille déjà au développement de l'esprit critique, de la créativité, de la littératie, des compétences sociales, etc... Ce qui cloche c'est le contexte! Ce qui doit changer c'est les situations dans lesquelles on amène les jeunes à développer les compétences. Globalement (parce que ce n'est pas identique dans toutes les classes), il y a actuellement une fracture entre l'École (primaire, secondaire, collégiale, universitaire, professionnelle) et le reste de la société. Il faut replacer l'école au 21e siècle, y insérer les outils et les technologies du 21e siècle, apprendre à les utiliser pour apprendre et apprendre comment exploiter ses compétences dans ce contexte influencé par une révolution technologique qui amène changement après changement et cela à un vitesse folle... Ces outils peuvent multiplier notre potentiel...

M'inspirant d'Olivier Dyens, je dirais qu'il faut apprendre à exploiter ses compétence sur les épaules des géants! Mais on y arrivera pas si on continue de parler des compétences et qu'on s’évertue à ne pas prendre le contexte en compte et qu'on refuse de reconnaître qu'il doit changer, parce que ce qui est important ici, c'est justement le contexte!

pgiroux

Auteur: pgiroux

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