PédagoTIC

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Des jeunes se prononcent sur les TBI

Or le TBI ne fait pas l'unanimité en éducation.

Deux jeunes de secondaire 2 ont récemment réagi en envoyant une lettre d'opinion dans différents journaux. Le Devoir a publié leur lettre et elle suscite énormément de réactions. Le point de vue de ces jeunes est intéressant à plusieurs égards, mais d'abord parce qu'ils ont vécu un côté de la réalité.

Je vous invite à aller lire ce qu'ils ont écrit et à y réagir.

Voici, pour ma part, la réaction que je vais laisser sur le site du Devoir:

Je désire d'abord féliciter ces jeunes auteurs pour leur initiative. Peu importe qu'ils aient raison ou non, ils ont fait un exercice critique de haut niveau en plus de décider de s'impliquer socialement. Il s'agit de deux choses souhaitables.

Voici ma lecture de la situation.

Comme technopédagogue et observateur du milieu, je juge que ces jeunes ont raison si l'on utilise l'efficacité ou la rentabilité à court terme de cet investissement comme critère. J'ai pu observer régulièrement que les TBI suscitent peu d'engagements réels des jeunes. Au départ, c'est surtout une bébelle de prof qui permet de faire de plus belles présentations. Les jeunes auteurs ont bien compris, leurs enseignants auront besoin de beaucoup de temps pour planifier et d'une bonne formation pour se mettre à niveau. Avec la formation et la compétence, on peut cependant réellement espérer une intégration adéquate par certains enseignants.

Par contre, considérant les antécédents peu reluisants de nos politiciens en matière de "changement planifié" et d'encadrement, je suis dans l'obligation de douter. Les investissements passés en technologie et la réforme de l'éducation sont deux exemples qui, selon moi, démontrent que nos gouvernements improvisent et négligent souvent la portion moins reluisante du travail qui consiste à préparer le terrain pour que les investissements puissent avoir les retombées maximales. On s'affiche dans les journaux avec un gros chèque entre les doigts sans donner aux gens le temps, l'encadrement et les outils (formation, soutien pédagogique, soutien technique...) nécessaires à la réussite. Il y a des conditions nécessaires à l'intégration réussie des TIC et des barrières. L'une et l'autre sont connues depuis plusieurs années. Actuellement, il subsiste encore beaucoup de barrières.

Comme professeur en technologie éducative, je suis contre une mesure politique systématique qui sera nécessairement mésadaptée à une majorité de milieux. Certains milieux sont prêts, plusieurs autres en sont très loin. Dans certains cas, on bénéficierait plus de laboratoires (fixes ou mobiles). Dans d'autres, c'est de la formation dont on a besoin. Ailleurs, des enseignants aimeraient peut-être faire de la robotique pour travailler la résolution de problème et intéresser les garçons. Dans certaines classes, c'est un microscope électronique et divers équipements et logiciels de sciences qu'on voudrait...

Je comprends que l'on veut poser un geste fort et initier un changement. J'en suis enchanté. Il me semble cependant qu'on a encore choisi de faire du tape-à-l'oeil. On propose une image forte, qui dans les faits n'aura pas les impacts espérés.

Le geste proposé ne convient simplement pas à une majorité d’enseignants... Ce que ces jeunes auteurs ont décrit plus haut va simplement se reproduire. À moyen terme, j'entrevois peu de retombées et une grosse gaspille.

pgiroux

Auteur: pgiroux

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (3)

Hélène Hélène ·  14 mars 2011, 8:16:03 PM

Merci pour ce billet.Pour les futurs enseignant(e)s, c'est un sujet important. Dans notre cours Culture et Pédagogie,nous prenons connaissance de plusieurs études sur l'importance des TIC dans l'apprentisage d'une langue seconde et dans le dévelopement de la compétence interculturelle.( blogue, échanges Instant messenger,Tandem project, Elluminate ou autres plateformes "synchrones"). Cela ne veut pas dire pour autant que les TBI soient requis dans toutes les classes à la grandeur du Québec sans discernement ou sans égard aux besoins.
Il y a certes des enseignants qui en font un usage dynamique et j'aimerais bien faire un stage auprès d'eux.
Votre expertise est garante d'une opinion éclairée, sans parti-pris. Espérons que votre message se rende au bureau du Premier Ministre. Votre billet devrait être envoyé à tous les députés.

Marie Jobin Marie Jobin ·  25 mars 2011, 11:41:12 PM

Tout à fait en en accord avec vous pour dire qu'un "one size fits all" ne convient pas et surtout qu'en soi les TBI suscitent peu d'engagements réels des jeunes.
"School leaders around the United States continue to spend HUGE amounts of money on interactive whiteboards for classrooms, despite the fact that these devices universally FAIL to empower students to become more independent, self-directed and engaged learners in the way mobile learning devices (like laptops, tablets or other personal digital learning tools) can." http://bit.ly/i9ANXA

pgiroux pgiroux ·  28 mars 2011, 5:09:56 PM
Merci pour le lien Mme Jobin. C'est très intéressant cet article.

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

no attachment



À voir également

Clair2019 - Une autre tempête pédagogique

C'est parti pour la dixième édition du colloque de Clair.

Lire la suite

Tout ce que vous vouliez entendre (ou pas!) sur les TIC, les jeunes, l’apprentissage et l’enseignement!

Lundi le 28 mai, j'aurai une conversation-conférence avec André Gobeil (le directeur général du Cégep de Chicoutimi). Le titre dit tout!

Lire la suite