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Lé textos, po si movais qu'ça!

Dans un monde où les progrès technologiques se font à une vitesse effrénée, il n’est pas rare de se sentir dépassé par l’arrivée des nouvelles technologies. Ces technologies ne sont désormais plus confinées à un endroit en particulier, mais sont plutôt omniprésentes dans toutes les sphères de notre vie quotidienne.

Ainsi, le monde de l’éducation doit aussi apprendre à gérer l’arrivée des technologies ainsi que l’utilisation que les élèves en font. Entre autres, les téléphones cellulaires sont un nouveau défi avec lequel les enseignants doivent composer. Outre la question par rapport à la gestion des téléphones cellulaires en classe, plusieurs autres questions ont été soulevées concernant les jeunes et ces appareils mobiles. L’une qui ressort plus souvent est celle concernant le lien entre l’utilisation des messages textes chez les élèves et leur compétence en français écrit. Est-ce que le fait que les jeunes utilisent un langage « codé » dans leurs messages textes affecte leur compétence à l’écrit?

Les avis diffèrent concernant ce sujet. Il est donc intéressant de s’arrêter sur la question et de faire un constat sur les récentes recherches qui se sont intéressées à l’impact des textos sur la capacité à écrire des élèves. D’un côté, certains croient que le fait que les jeunes utilisent un langage « codé » dans leurs messages textes affecte directement leur manière d’écrire au quotidien, alors que d’autres croient plutôt que les deux manières d’écrire sont distinctes et les textos ne nuisent pas à la compétence écrite des élèves. Le présent travail vise à présenter les deux côtés de la médaille, pour finalement prendre position sur le sujet.

Selon une étude de 2012 , dès leur entrée au secondaire, le quart des jeunes possède un téléphone cellulaire. Le nombre de jeunes possédant un téléphone cellulaire augmente au fur et à mesure qu’ils vieillissent pour atteindre 80% en cinquième secondaire. De plus, selon Nathalie Côté (2012) « les élèves qui ont un téléphone cellulaire envoient et reçoivent en moyenne 3300 textos par mois, soit plus d’une centaine quotidiennement ». Ainsi, les chiffres démontrent qu’il est normal que des chercheurs se penchent sur la question des répercussions de l’utilisation des textos sur la compétence écrite des élèves.

D’une part, il faut savoir qu’à ce jour, aucune étude ne confirme que les textos nuisent à la compétence écrite des élèves. Ainsi, les gens qui croient que les messages textes ont un impact négatif sur l’écriture des élèves exposent leur opinion personnelle plutôt que des faits scientifiques. On note que certains parents et enseignants s’inquiètent de l’arrivée de cette technologie et sont tout de suite portés à la condamner. Il faut dire que la génération X n’a pas grandi avec cette technologie et il est possible que leur opinion expose plus une crainte vis-à-vis un mode de communication avec lequel ils sont moins familiers. Ils croient que les jeunes ne feront pas la différence entre le langage codé pour communiquer par messages textes et le langage écrit qui répond aux règles d’accords et de conjugaison du français.

D’autre part, un article écrit par Nathalie Côté et publié dans le Huffington Post Québec dévoile que les textos n’ont aucun impact négatif sur la qualité du français des jeunes. L’auteur explique qu’une recherche présentée lors du Colloque scientifique international sur les technologies de l’information et des communications en éducation compare en fait le langage que les jeunes utilisent par textos à un « niveau de langage additionnel au même titre que la langue parlée». Ainsi, ce qui importe réellement aux jeunes lorsqu’ils utilisent les textos, c’est la rapidité. Leur manière d’écrire dans un texto se rapproche beaucoup de l’oral et des sons de la langue. De plus, toujours dans le même article, l’auteure explique que Marie-Ève Gauthier, doctorante à l’UQAR, a réalisé une étude auprès de 160 jeunes de première et deuxième secondaire. Dans cette étude, madame Gauthier a donné une dictée aux jeunes dans laquelle elle avait préalablement inclus un bon nombre d’expressions souvent utilisées dans les textos. Les élèves devaient ensuite écrire un court texte d’environ cinq lignes à la fin de la dictée. Les résultats de cette étude ont démontré que les élèves qui utilisaient les textos ne faisaient pas plus de fautes que ceux qui ne les utilisaient pas. Et encore, Thierry Karsenti, directeur de la chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation, remarque que bien que plusieurs enseignants soient convaincus que les messages textes nuisent au français écrit de leurs élèves, ils ne retrouvent toutefois aucune faute dans les travaux de leurs élèves semblable à celles que l’on retrouve dans les textos. Cette observation permet de confirmer que les craintes des enseignants ne sont pas fondées.

D’un autre côté, il est possible d’aborder l’influence des textos sous un autre angle. Et si les messages textes pouvaient avoir des impacts positifs sur la vie scolaire des élèves ? Dans l’article de Nathalie Côté, il est expliqué que les chercheurs de l’équipe de Marie-Ève Gauthier ont interrogé 350 jeunes d’une école privée de la banlieue de Montréal et ces derniers ont fait ressortir trois grands avantages à « texter ». D’abord, ils se disent en mesure de prendre des notes plus rapidement. Ensuite, ils découvrent de nouveaux mots grâce au correcteur automatique présent dans la majorité des téléphones intelligents et finalement l’accès à internet via leur téléphone leur permet d’utiliser de nombreuses ressources pour les aider dans leurs travaux scolaires.





De notre côté, déjà avant de commencer ce travail de recherche, nous pensions que les textos n’influençaient pas la compétence en français écrit des élèves. Dès le début de nos recherches, nous avons vite constaté que les études allaient dans le même sens que notre pensée. Ainsi, aucune étude faite jusqu’à ce jour n’est en mesure de prouver que les textos nuisent à l’écriture des élèves.

De plus, nous croyons, tout comme Marie-Ève Gauthier, que les élèves sont en mesure de faire la différence entre le langage qu’ils utilisent par textos dans le but de répondre rapidement et efficacement à leurs amis et le langage qu’ils emploient dans leurs écrits scolaires ou plus formels.

Nous croyons que si les jeunes apprennent correctement les règles de français en classe, les messages textes ne peuvent pas leur faire oublier leurs apprentissages. Il ne faut pas non plus croire que les textos sont la source des problèmes en écriture chez les élèves, car, comme l’explique Thierry Karsenti, ces problèmes étaient présents bien avant l’arrivée de cette technologie. Ainsi, nous pensons que le langage que les élèves emploient par textos est un langage codé qui se rapproche beaucoup de l’oral et qui permet de sauver du temps en étant plus efficace dans la communication.

Ce langage n’aurait par contre pas sa place dans un écrit formel ou dans un travail scolaire et les jeunes en sont conscients. S’il y a plusieurs niveaux de langue à l’oral, les messages textes nous démontrent qu’il y a aussi différents niveaux de langage à l’écrit. Tout comme nous n’utilisons pas le même langage si nous enseignons que si nous soupons avec des amis, les jeunes n’écrivent pas de la même façon s’ils utilisent la messagerie instantanée que s’ils écrivent un texte officiel. Bien que notre point de vue reflète les résultats des recherches faites sur le sujet, nous sommes conscientes que le phénomène est récent et que le temps va permettre de réaliser d’autres études et de poser un constat plus crédible à long terme.

En conclusion, nous retenons que la crainte de plusieurs adultes concernant les effets négatifs des textos sur la compétence écrite des élèves n’est pas fondée sur des recherches scientifiques. Il est normal que les gens s’interrogent sur cette nouvelle façon qu’ont les jeunes de communiquer, mais en faisant une recherche rapide sur le sujet, il est possible de constater qu’aucune étude ne permet de créer un lien entre l’utilisation des messages textes et les problèmes en français écrit chez les élèves. Comme devant bien des progrès, il va toujours y avoir des gens qui s’opposeront aux changements et qui n’y verront que du négatif. Il faut toutefois dépasser nos propres craintes et laisser la chance aux nouvelles technologies de faire leur place et de dévoiler tout le potentiel qu’elles offrent. Aujourd’hui, certains s’inquiètent de l’influence négative des textos. Demain, nombreux seront ceux qui auront trouvé une manière de les intégrer à l’enseignement et à l’apprentissage et d’en tirer des conséquences positives. Ressources utilisées

Pour réaliser ce travail, nous avons principalement communiqué par Facebook à l’aide des fenêtres de conversation instantanée. Nous pouvions nous écrire en tout temps et voir lorsque tout le monde avait vu notre message. Nous nous sommes aussi rencontrées pour rédiger le travail sur Word, pour monter notre présentation PowerPoint et pour réaliser nos questions interactives sur le site www.polleverywhere.com.

Nous avons écrit cet article dans le respect du code d'éthique du blogueur et en suivant la procédure de rédaction pour les articles et les commentaires.

Étu68, Étu69 et Étu64

BIBLIOGRAPHIE

Nancy, Dominique (2013), «les textos aident à la prise de notes en classe», UdeM Nouvelles, repéré à http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-leducation/20131007-les-textos-aident-a-la-prise-de-notes-en-classe.html

Dubé, Catherine, (2012), « Faut-il interdire le cellulaire à l’école?», L’Actualité, repéré à http://www.lactualite.com/societe/faut-il-interdire-le-cellulaire-a-lecole/

CÔTÉ Nathalie (2012), « Textos : aucun impact sur la qualité du français », Le Huffington Post Québec, repéré à http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/09/textos-qualite-du-francais_n_1502314.html

Mocedo-Rouet, Monica(2010), «le langage SMS n’est pas l’ennemi des écrits scolaires», agence des usages TICE, repéré à http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche-/le-langage-sms-n-est-pas-l-ennemie-des-ecrits-scolaires-41.htm

Yoni.Assouline

Auteur: Yoni.Assouline

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Commentaires (4)

etu60 etu60 ·  18 mars 2014, 8:13:57 AM

Bonjour,

Nous avions le même sujet de recherche et il a été agréable de lire sur vos idées. Nos visions ne sont pas trop éloignées.

etu64 etu64 ·  20 mars 2014, 11:00:04 AM

Bonjour, votre billet était aussi très intéressant à lire. En effet, nos visions sur le sujet se ressemblent.

Suzie Suzie ·  31 mars 2014, 9:57:37 AM

Bonjour à toutes les trois,

Vous présentez très bien votre sujet et vous l'argumentez de manière efficace. Bravo! Vous appuyez votre position sur les écrits utilisé dans votre revue littéraire ce qui les rends plus crédibles. Vos références sont variées et récentes et vous les citez dans le texte. Je vous suggères tout de même quelques amélioration...

Ajouter des sous-titres permettrait de faciliter la lecture de votre billet à l'écran.
Au 4e paragraphe, vous parlez d'une étude faites en 2012, de quelle étude s'agit-il?
Au 6e paragraphe, il serait judicieux d'indiquer l'année de publication de l'article de Mme Côté.
À la fin de votre billet, ajouter un hyperlien vers le site de Polleverywhere.

Excellent travail!

Suzie

Suzie Suzie ·  31 mars 2014, 10:02:57 AM

Oups...les écrits utiliséS et ...quelques améiorationS ;)

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