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Les livres numériques aux PUQ

J'y ai appris quelques petites choses intéressantes. D'abord, la majorité des livres du catalogue des PUQ (Presses de l'Université du Québec) sont disponibles en format PDF. Je suis professeur dans une université du réseau des UQ et je l'ignorais...

J'ai ensuite appris que, dans le prix d'un livre qu'on achète chez un libraire, il y a environ 30% du prix qui vont au commerçant et 17% qui vont au distributeur. C'est compréhensible, l'un et l'autre ont des frais de logement, d'administration et doivent payer des employés. Certains commerces comme COSTCO prennent un peu moins que 30%. C'est la raison pour laquelle ils offrent parfois de meilleurs prix. Alors, comment expliquer que le coût de plusieurs livres numériques soit presque le même que celui du livre papier au Québec? Prenons en exemple un livre écrit et édité au Québec. Le premier tome des chevaliers d'Émeraude coûte exactement le même prix sur Jelis.ca et sur Archambault.ca. C'est exactement 14,95$ dans les deux cas. On devrait pourtant sauver passablement de frais pour les transports, l'impression, la manutention...

Pourquoi est-ce que j'ai l'impression de me faire avoir?

J'ai aussi appris que les services comme iTunes (qui débarquerait prochainement au Québec dans le domaine des livres numériques selon ce que j'ai entendu hier!) prennent aussi un pourcentage important du coût des livres... Jusqu'à 30%!

Dans ce contexte, le livre numérique a-t-il vraiment une chance de s'imposer au Québec? Je commence à avoir des doutes...

Outre les informations qu'on nous a transmises, on nous a questionnés à propos de la place des livres et volumes dans nos cours. Nous avons pu constater que l’usage et les besoins varient énormément d'un cours à l'autre... Certains professeurs utilisent les livres en classe où ils résument ou répètent les contenus du livre. D'autres les ignorent complètement et ne demandent même pas aux étudiants d'en acheter. Plusieurs semblent utiliser des notes de cours électroniques ou imprimées. J'ai fait remarquer que, selon le domaine, les livres ne sont pas toujours suffisamment à jour...

Les PUQ s'intéressaient aussi aux compétences et au niveau d'accès aux TIC de nos apprenants. C'est probablement essentiel pour évaluer le potentiel d'intégration des livres numériques dans nos cours. Il semble que la population étudiante ne soit pas homogène... La population enseignante ne l'est pas plus! C'est déprimant, mais je crois toujours que malgré le fait que les TIC soient nées dans des universités, ce sera le dernier endroit à vraiment les intégrer... :-( Une dame de l'ENAP (j'ai oublié de noter les noms!!! Désolé!) m'a bien fait rire lorsqu'elle a expliqué que nous avions souvent une culture à trou... Elle expliquait qu'on ne connaît souvent que quelques petites choses à propos des TIC, que nos compétences sont bien souvent limitées à nos usages quotidiens. C'est tellement vrai! J'ai fait ressortir que l'accès aux TIC ne me semble plus problématique et qu'il est souvent utile et facile de combler les trous dans les compétences, du moins chez les plus jeunes apprenants.

Nous avons ensuite discuté de nos attentes envers le livre numérique. Pour moi, s'il s'agit d'une simple version du livre papier, il n'y a AUCUNE raison de payer un livre numérique plus de 60% du prix du livre "papier". Je m'attends à pouvoir acheter ce livre directement de l'éditeur ou via un distributeur qui soit honnête dans sa politique de prix... Autant spécifier que 30% pour vendre un livre que l'on a pas à entreposer et manutentionner me semble beaucoup! Pourquoi 60% plutôt que 53%? Il faut tout de même que l'éditeur supporte un système de distribution et de paiement électronique. Il semble que les banques soient à la traîne au plan de ce type de service. J'ai cru comprendre que les PUQ n'ont pas eu une expérience très positive dans le passé. Cela explique probablement que l'on ne puisse plus acheté directement du site Web des PUQ...

Les livres numériques pourraient offrir d'autres options, une plus-value. Évidemment, le prix dudit livre pourrait aussi varier en conséquence. On peut facilement imaginer des schémas animés, des segments de film ou du matériel vidéo, des extraits sonores et des données toujours mises à jour. Imaginez un livre de sociologie qui présente toujours les statistiques les plus récentes. Personnellement, le manque de mise à jour explique que je ne demande pas aux étudiants d'acheter de volume...

La représentante des PUQ nous a ensuite parlé de l'achat. Serions-nous intéressés par des livres disponibles à un coût réduit, mais qui ne serait utilisable que pour une période de temps limitée? Peut-être... Il est vrai que je n'ai jamais réutilisé certains des livres que j'ai achetés à l'université et au Cégep. Ça pourrait donc être intéressant. Par contre, il faudrait que l'on puisse conserver nos annotations. Ainsi, lorsque l'on cherche dans nos outils d'indexation et d'annotation (J'imagine déjà un genre de DIIGO pour livres numériques!), nous pourrions identifier quels livres peuvent nous être utiles même si nous ne possédons plus lesdits livres. Il faudrait aussi que l'on puisse décider de conserver le livre à la fin du cours ou de la période de location, advenant qu'on le juge potentiellement utile dans le futur ou particulièrement intéressant.

La représentante a finalement sondé le terrain à la recherche de volontaires. Elle désire mettre en place un projet pour des livres didactiques numériques. Si vous êtes professeur ou chargé de cours et que l'expérience vous tente, contactez-moi par courriel ou via les commentaires pour que je vous oriente vers la bonne personne.

J'ai peut-être oublié des choses, mais c'est ce qui me revient pour le moment.

pgiroux

Auteur: pgiroux

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Commentaires (5)

Robert David Robert David ·  03 décembre 2010, 3:40:00 PM

Oui, je pourrais être intéressé par un projet de livre numérique. Il serait également intéressant de réaliser une expérimentation bien documentée dans une école primaire ou secondaire.

J'ajoute un élément de préoccupation aux réflexions très pertinentes énumérées dans ton billet, celui de l'application permettant la lecture des livres numériques ou, devrais-je dire, des applications.

Pour des raisons de « sécurité », la plupart des distributeurs nous enferment dans un lecteur bien spécifique. Ainsi, si j'achète un livre sur Amazon, je dois utiliser l'application Kindle. Idem avec Apple et le iBook. L'application Inkling, sur le iPad, est fort intéressante et l'entreprise annonce avoir signé avec plusieurs grands éditeurs américains pour la distribution de leurs ouvrages à caractère académique. Au Québec, certains éditeurs souhaitent également offrir leur propre application.

Est-ce à dire que nous devrons constamment passer d'une application à l'autre selon les livres que nous voudrons consulter ? Et puisque tu indiquais l'importance que tu accordes aux annotations, elles seront elles aussi confinées à chaque lecteur. C'est ainsi que j'ai des annotations dans iBook pour certains livres, dans Kindle pour d'autres, dans Mendeley pour les pdf sans restriction, etc.

Je disais plus haut que je trouvais l'application Inkling très intéressante. Voici pourquoi. Premièrement, elle offre des outils de navigation très appropriés pour des ouvrages scolaires ou académiques. Elle permet aussi de faire des zoom sur les images ou graphiques, d'ajuster la taille du texte et, détail important, peu importe le rendu dans le lecteur (selon la taille du lecteur électronique, la taille des caractères, etc), il y a une correspondance de page avec le livre imprimé. Donc, si le prof demande d'aller à la page 112... Elle offre aussi des outils simples d'annotation et elle permet de les partager dans un groupe de travail. Bref, un lecteur très bien fait, qui ne demande pas un travail hors de portée à l'éditeur pour bien exploiter ses possibilités. Cependant, un lecteur fermé qui ne peut être utilisé que pour les ouvrages acquis par le biais de l'application.

Au final, j'espère que de plus en plus les éditeurs offriront, comme O'Reilly, des livres sans protection et dans plusieurs formats (pdf, epub, DAISY, notamment).

Robert David Robert David ·  03 décembre 2010, 3:40:04 PM

Oui, je pourrais être intéressé par un projet de livre numérique. Il serait également intéressant de réaliser une expérimentation bien documentée dans une école primaire ou secondaire.

J'ajoute un élément de préoccupation aux réflexions très pertinentes énumérées dans ton billet, celui de l'application permettant la lecture des livres numériques ou, devrais-je dire, des applications.

Pour des raisons de « sécurité », la plupart des distributeurs nous enferment dans un lecteur bien spécifique. Ainsi, si j'achète un livre sur Amazon, je dois utiliser l'application Kindle. Idem avec Apple et le iBook. L'application Inkling, sur le iPad, est fort intéressante et l'entreprise annonce avoir signé avec plusieurs grands éditeurs américains pour la distribution de leurs ouvrages à caractère académique. Au Québec, certains éditeurs souhaitent également offrir leur propre application.

Est-ce à dire que nous devrons constamment passer d'une application à l'autre selon les livres que nous voudrons consulter ? Et puisque tu indiquais l'importance que tu accordes aux annotations, elles seront elles aussi confinées à chaque lecteur. C'est ainsi que j'ai des annotations dans iBook pour certains livres, dans Kindle pour d'autres, dans Mendeley pour les pdf sans restriction, etc.

Je disais plus haut que je trouvais l'application Inkling très intéressante. Voici pourquoi. Premièrement, elle offre des outils de navigation très appropriés pour des ouvrages scolaires ou académiques. Elle permet aussi de faire des zoom sur les images ou graphiques, d'ajuster la taille du texte et, détail important, peu importe le rendu dans le lecteur (selon la taille du lecteur électronique, la taille des caractères, etc), il y a une correspondance de page avec le livre imprimé. Donc, si le prof demande d'aller à la page 112... Elle offre aussi des outils simples d'annotation et elle permet de les partager dans un groupe de travail. Bref, un lecteur très bien fait, qui ne demande pas un travail hors de portée à l'éditeur pour bien exploiter ses possibilités. Cependant, un lecteur fermé qui ne peut être utilisé que pour les ouvrages acquis par le biais de l'application.

Au final, j'espère que de plus en plus les éditeurs offriront, comme O'Reilly, des livres sans protection et dans plusieurs formats (pdf, epub, DAISY, notamment).

pgiroux pgiroux ·  05 décembre 2010, 3:02:27 PM

Ça pourrait aussi être intéressant de se regrouper plusieurs professeurs en TIC et mettre nos ressources ensemble pour créer un livre pertinent pour nos cours. Comme nos cours sont souvent un peu différents, les contenus seraient riches et variés. Le format rendrait la mise à jour possible et facile. Ce serait aussi un moyen de donner l'exemple...

Concernant les lecteurs, j'y avais peu penser. C'est vrai que c'est problématique. Étant un utilisateur de Linux, je suis habitué d'utiliser des outils moins connus et plutôt universels.
Il existe des logiciels libres comme Calibre (http://calibre-ebook.com/) et FBReader (http://en.wikipedia.org/wiki/FBRead...) qui lisent plusieurs formats. Calibre, par exemple, peut lire, importer ou exporter des livres numériques provenant de plusieurs outils/sites commerciaux et dans plusieurs formats. La page Wikipédia donne des détails: http://fr.wikipedia.org/wiki/Calibr...)

Robert David Robert David ·  05 décembre 2010, 9:42:09 PM

Excellente proposition ce livre pour les cours sur l'intégration des TIC.

Relativement aux lecteurs, ce n'est pas tant un problème de format (ePub et pdf occupent un large espace avec chacun leurs avantages respectifs) que de DRM (Digital rights management). Si j'achète un livre chez O'Reilly, vendu sans DRM, je peux le téléverser en format ePub et PDF et l'importer dans mon lecteur iBook, si c'est celui que je préfère. Si je décide, quelques mois plus tard, qu'un nouveau lecteur, par exemple Stanza, correspond mieux à mes besoins, je prends mes livres achetés chez O'Reilly (ou ceux du projet Guttenberg, par exemple) et je les importe dans mon nouveau lecteur.

Par contre, ceux acheté chez Amazon avec Kindle ou Apple par l'intermédiaire de iBook ne pourront jamais quitter leur lecteur d'origine. Mes livres seront toujours prisonniers d'un seul lecteur. Et ils ne seront pas accessibles à ceux qui, comme toi, travaillent sur Linux sauf si le vendeur décide de porter son lecteur sur ce système d'opération.

Imaginons maintenant que chaque maison d'édition au Québec décide de lancer son lecteur maison avec ses propres DRM... Quel foulli pour les élèves et les étudiants. Imaginons ensuite que quelques années plus tard, cette maison fasse faillitte. N'est-ce pas ce qui s'est passé il y a quelques années avec l'achat de fichiers musicaux protégés... la faillitte de certaines boutiques en ligne... et de nombreux usagers qui ont tout simplement perdu accès à leurs fichiers musicaux.

Je préfère de loin la solution des PUQ ou de Pragmatic Bookshelf qui ajoute le nom de l'acheteur au bas de chaque page du livre. Cette stratégie peut contribuer à réduire la copie sans contraindre l'acheteur dans son usage du livre qu'il a payé.

pgiroux pgiroux ·  06 décembre 2010, 9:12:39 AM

Je comprends mieux. Je vais devoir fouiller cette question de DRM. J'y ai porté assez peu d'attention...

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