PédagoTIC

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J'aime bien Google +, mais je retourne à mon blogue

En gros, au trimestre d'automne 2012, j'ai créé une communauté fermée qui rassemblait mes 108 étudiants. Il y a quelques traces ici et ici. J'avais identifié des thèmes chaque semaine et, occasionnellement, les étudiants devaient partager des travaux. J'espérais que les étudiants partageraient plus que les travaux obligatoires.

Le trimestre d'automne est terminé depuis quelques semaines. Au final, ça ne s'est pas passé comme je voulais...

J'ai publié plusieurs messages et partagé sur une variété de sujets en début de trimestre. Je voulais donner l'exemple du potentiel de la communauté... J'ai aussi commenté les messages des étudiants pendant plusieurs semaines. J'espérais réellement créer un mouvement d'engagement. Je misais sur l'expérience "sociale" des étudiants (majoritairement Facebook) et j'espérais que les étudiants comprendraient qu'ils étaient dans un environnement socioconstructiviste et qu'ils gagnaient à s'y investir. S'il ont compris, ça ne s'est malheureusement pas traduit par des gestes concrets. Oui, ils ont partagé lorsque c'était obligatoire, mais pas plus. J'estime qu'entre 10-15% des étudiants ont vraiment partagé, commenté et exploité la communauté pour apprendre. Au final, la grande majorité des étudiants sont demeurés spectateurs et plusieurs n'ont jamais été lire ce qui était partagé.

Le résultat ne me surprend pas vraiment. Ça ressemble assez à ce qui se produit quotidiennement sur les réseaux sociaux. Pourtant, il me semble que des futurs enseignants qui auront bientôt à travailler dans un environnement où le paradigme mis de l'avant par le programme de formation est socioconstructiviste devraient réaliser tout le potentiel associé à la participation à une communauté.

Qu'est-ce qui explique que ça n'a pas fonctionné?

J'ai probablement fait quelques erreurs...

Premièrement, je n'ai pas attribué de points pour la participation à la communauté. Les étudiants recevaient des points pour leurs travaux, mais pas à proprement parler pour la participation dans la communauté. L'attribution de points aurait peut-être favorisé l'engagement et aidé à créer l'habitude... J'ai cependant un malaise avec l'attribution de points. Comment distinguer entre " Bravo pour ton billet! Je l'ai trouvé très intéressant." et une réaction détaillée, argumentée, documentée et logique à ce même billet. L'auteur du premier commentaire va-t-il se décourager et limiter son engagement futur s'il reçoit une mauvaise note parce qu'il manque de profondeur? Ce n'est pas ce que je veux... D'un autre côté, j'enseigne à l'université et pas au primaire. Je m'attends de mes étudiants qu'ils soient en mesure d'argumenter et d'expliquer et le premier commentaire n'a définitivement pas le niveau souhaité même s'il a son utilité dans une discussion pour la motivation et l'estime de soi de l'auteur du billet! Bref, ce n'est pas simple...

Je considère ensuite comme une erreur d'avoir utilisé une communauté fermée. Je me suis ainsi privé des commentaires de plusieurs autres pédagogues réflexifs, des gens qui me lisent sur Google +, Twitter et PédagoTIC et qui auraient probablement pu émettre quelques idées et commentaires ou engager des discussions et des débats avec mes étudiants. Je pensais que ce serait plus facile pour les étudiants d'être entre eux... Mais je me suis retrouvé pratiquement seul à donner l'exemple et ça na pas été suffisant. Ma tâche aurait probablement été allégée dans un contexte ouvert, où il y a de nombreux exemples de professionnel de l'enseignement qui partagent... Si je compare avec mes expériences précédentes dans lesquelles mes étudiants publiaient ici, sur PédagoTIC, je crois que c'est gagnant d'ouvrir la communauté. Même si les étudiants se limitent à publier sur les thèmes obligatoires, ils peuvent au moins parfois vivre des échanges réels et signifiants avec des pédagogues expérimentés.

Utiliser Google + était peut-être aussi une erreur. D'abord, plusieurs étudiants n'ont pas de compte Google et ça les oblige à s'en créer un qui s'ajoute à leurs autres nombreux comptes! On me le souligne inévitablement (et avec raison!) lorsque je leur parle d'identité numérique. Ensuite, ça les oblige à apprendre à vivre dans un environnement nouveau. Ce n'est pas mal en soi, c'est juste que ça alourdit le processus d'appropriation et que ça limite peut-être leur engagement. Je suis partagé ici entre utiliser un outil qu'ils maitrisent déjà (comme Facebook) et que je n'apprécie franchement pas et faciliter l'engagement et faire découvrir un autre outil que j'apprécie plus... Je me demande s'ils auraient été plus engagés si nous avions utilisé Facebook? De plus, la procédure pour se créer un compte Google et le valider n'est pas complexe, mais c'est tout de même du temps de classe que je perds.

J'estime ensuite que de créer une communauté fermée a été une erreur sur le plan personnel puisque ça m'a obligé à gérer un élément de plus. Au final, j'ai moins partagé, publié et discuté sur Twitter, Google + et PédagoTIC. Chaque seconde investie dans la communauté de mon cours l'a été au détriment des communautés qui contribuent à mon développement personnel et professionnel. Il aurait certainement été plus efficace de contribuer dans un environnement ouvert. J'aurais ainsi pu contribuer à la fois aux communautés qui composent mon environnement personnel d'apprentissage et à la communauté de mes étudiants. L'utilisation d'un simple hastag aurait probablement pu faire l'affaire... Souvent, j'ai multiplié inutilement les publications, partageant sur Google +, sur Twitter et dans la communauté de mon cours. C'était une perte de temps et il s'est souvent produit des occasions ou je ne partageais qu'à mes étudiants ou que je les oubliais alors que ça aurait peut-être pu les intéresser. De plus, je ne suis pas certain que des étudiants vont faire le transfert de la communauté fermée à une autre communauté plus ouverte alors que chaque fois que j'ai utilisé mon blogue des étudiants s'en sont créé un ou ont créé un compte Twitter pour suivre certaines personnes qui avaient laissé des commentaires à l'une de leurs contributions sur PédagoTIC.

Au final, il y a plusieurs questions que j'aimerais poser aux étudiants de l'automne dernier:

  • Ont-ils bien compris la nature socioconstructiviste et l'utilité d'une communauté d'échange et de partage rassemblant des professionnels de l'enseignement?
  • L'engagement aurait-il été meilleur (en termes de quantité et de qualité) avec Facebook?
  • Que devrais-je faire pour maximiser l'engagement?
  • Ceux qui ont régulièrement lu, commenté et partagé dans la communauté vont-ils transférer cette habitude ailleurs?

Et dans le futur?

Et bien je retourne à mon blogue! J'ai un tout petit groupe ce trimestre et j'enseigne en équipe avec l'une de mes étudiantes graduées. Suzie, l'étudiante avec qui je vais faire équipe, a choisi le blogue. Elle a participé à la communauté Google + et au blogue par le passé et c'est elle qui a rédigé le détail du plan de cours. J'imagine que, comme moi, elle a conclu que l'expérience avec Google + n'était pas satisfaisante. PédagoTIC sera donc beaucoup plus animé durant les prochaines semaines. Les étudiants commenceront à découvrir l'univers des blogues dès cette semaine avec un premier billet dans lequel ils feront un bilan de leurs compétences TIC. C'est le début du trimestre... Ce sera donc un aperçu de leur perception initiale... C'est toujours intéressant ce genre de travail! Ce le sera d'autant plus que nos étudiants participeront à une enquête sur le sujet en début de cours... J'ai hâte de constater l'impact de leur participation à cette recherche sur l'appréciation de leurs compétences personnelles.

Bon trimestre hivernal à tous!

pgiroux

Auteur: pgiroux

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Commentaires (15)

Gilles Jobin Gilles Jobin ·  06 janvier 2014, 10:48:10 AM

Voilà un billet intéressant, et il serait vraiment si vos étudiants venaient répondre à vos interrogations.
Mais je doute qu'ils le fassent. Pourquoi ?
1- Parce qu'écrire, c'est écrire... Et peu, mais vraiment fort peu de personnes y trouvent du plaisir. Le fait est là : à l'école (à l'université, c'est pareil) on écrit que parce que le prof nous le demande. Posez la question à vos élèves : qui éprouvent du plaisir à composer un texte, à mettre par écrit ses pensées, et, en plus, à les partager sur le web? La tristesse dans tout ça, c'est que ces futurs enseignants sont appelés à apprendre à écrire nos enfants...
2- Votre point 1 est intéressant, car il démontre qu'on fonctionne encore par cette espèce de carotte que sont les points. Mais vous signalez bien ses effets pervers. Je pense que peu d'étudiants ont la passion d'apprendre et ce, quoiqu'ils en disent. Ces futurs enseignants ne font que se préparer à un travail et, au bout du compte, ce sont peut-être eux qui ont raison : lorsque je vois le système d'éducation actuel, je ne peux que conclure qu'on ne recherche pas des passionnés (encore là, quoiqu'en disent les boss), mais des «livreurs de programme».
3- Que votre système soit ouvert ou pas, cela ne changera pas grand'chose (voir ma raison 1). Comme prof, je passerais des heures et des heures (et je me fouterais du programme du cours) à investiguer pourquoi mes chers étudiants n'aiment pas écrire. Et je rechercherais AVEC EUX des solutions. Et j'expérimenterais AVEC EUX ces solutions*. Ce sont des futurs enseignants.... donnons-leur tout au moins le goût et le plaisir de cet outil fabuleux qu'est l'écriture.

  • L'écriture est une compétence transversale à mon avis. Donc, en réalisant ces «expériences», je suppose que je pourrais pousser les objectifs du cours auquel ils sont inscrits.

Au plaisir,

Gilles

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  06 janvier 2014, 11:14:06 AM

Bonjour Gilles,

Je vais envoyer un courriel aux 108 étudiants concernés. Certains viendront peut-être répondre à mes questions et à la tienne.

PAt :-)

Anabel da Silva Anabel da Silva ·  06 janvier 2014, 11:29:59 AM

Merci beaucoup de votre partage.
L'engagement des étudiants dans leur apprentissage est primordial et malheureusement, beaucoup d'entre eux sont intéressés à la note/le crédit. Ils ne sont pas convaincus que le cours en tant que tel leur soit utile.
Toutefois, je crois que la clientèle va changer dans les prochaines années. Plus en plus d'élèves qui se retrouvent présentement à l'élémentaire travaillent avec les communautés virtuelles. Ils apprennent également à donner de la rétroaction aux travaux de leurs camarades de classe avec des activités du style "2 étoiles et 1 souhait". On commence à remarquer des changements petit à petit.
Bonne chance avec votre blogue.

Anabel.

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  06 janvier 2014, 11:58:49 AM

Bonjour Anabel,

EPeux-tu nous en dire plus à propos de l'activité "2 étoiles et 1 souhait"?

PAt :-)

Jacques Cool Jacques Cool ·  06 janvier 2014, 1:51:16 PM

Un des meilleurs billets de nature réflexive lu depuis longtemps. Le commentaire de Gilles Jobin alimente cette réflexion. Est-ce un conditionnement façonné par l'école qu'ils ont connue/subite pendant 12+ ans qui caractérise ce non-plaisir d'écrire et la carotte des points (culture de l'évaluation au dépens d'une culture de l'apprentissage) ? Ou bien, auraient-ils/elles été plus 'engagés' en étant témoins d'interactions ouvertes avec des gens d'un peu partout, comme c'est souvent le cas chez les jeunes du primaire qui ont un blogue et qui sont impressionnés quand on les lit de loin ?

Je n'ai pas de réponse claire, mais je ne peux m'empêcher de penser à cette citation de Yong Zhao : "Lire/écrire ne doit pas être le plafond mais le plancher."

Bonne continuation, Pat. On va suivre l'évolution de PédagoTIC.

Gilles Jobin Gilles Jobin ·  06 janvier 2014, 2:47:37 PM

(Je suis hors sujet, mais je ne peux résister... Supprime-le Patrick si tu le juges nécessaire.) À propos de la citation de Yong Zhao, je rappelle l'idée Plafond-Mur-Plancher lorsqu'on propose des outils informatiques aux élèves :
L'outil doit avoir :
1 - Un plancher très bas pour permettre RAPIDEMENT de l'utiliser rapidement dans la réalisation de son projet ;
2 - Un plafond très haut : Pour permettre à ceux qui veulent aller beaucoup plus loin d'y aller.
3 - Des murs larges : Pour permettre de l'utiliser dans plusieurs situations variées.

Ex 1 : Traitement de texte : plancher bas (on peut rapidement se mettre à écrire), plafond assez haut (on peut l'utiliser pour des tâches d'écriture complexes et compliquées) mais murs étroits (on ne peut qu'écrire des textes.)
Ex. 2 : Scratch : Plancher bas : Rapidement, on comprend le principe des blocs programmables; Plafond très haut : on peut programmer à peu près n'importe quoi ; Murs Larges : les projets réalisables sont très variées (histoires, jeux vidéos, simulations, quiz, tutoriels, dessins, et ça n'arrête pas...! )
Ex. 3 : Twitter : plancher bas : on peut rapidement se mettre à twitter ; Plafond bas : On ne peut pas réaliser du complexe avec twitter ; Murs étroits : à part communiquer, ça ne sert pas à grand chose...

Où placer le blogue dans cette perspective ?

Plancher semi-bas : En effet, donner un blogue (déjà installé) à un ami, et généralement, il vous dira que c'est pas simple (il veut changer le look, personnaliser le menu, etc...)
Murs assez étroits : C'est un endroit pour écrire. Il y a bien sûr d'autres types (blogues photos), mais généralement, c'est vraiment un lieu d'écriture.
Plafond bas : Rien ne bien compliqué ne se réalise avec un blogue.

Je ne suis plus sûr, mais je pense que cette idée de PPM est due à Seymour Papert qui l'appliquait aux choix d'un langage de programmation.

Jacques Cool Jacques Cool ·  06 janvier 2014, 5:06:59 PM

Du gros bon sens tout ça, Gilles. Et je ne serais pas du tout surpris si cela venait en effet de Papert. ;-)

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  06 janvier 2014, 6:10:34 PM

Je vais réfléchir à cette idée de murs-plancher-plafond. C'est intéressant comme Quelqu'un a une référence?

Gilles Jobin Gilles Jobin ·  06 janvier 2014, 8:15:32 PM

Si tu fais une recherche sur «Low floor, High ceiling, Wide walls», tu vas trouver plein d'articles sur Internet. L'Idée est bien de S. Papert dont il faut ABSOLUMENT lire Jaillissement de l'esprit (1980). Plusieurs citations sur mon site pour donner le goût de cette lecture.

Mediacteur Mediacteur ·  09 janvier 2014, 4:36:36 AM

Bonjour Patrick,

Mon commentaire a pris la forme d'un post plus développé sur mon propre blog. Je l'ai intitulé "Je maintiens aussi le blog et l'ouverture qui en découle". Vous pouvez en prendre connaissance ici : http://mediacteur.canalblog.com/arc...
Merci pour votre publication.

Je comprends Gilles Jobin quand il déplore que les étudiants ne sont pas les hommes et les femmes de lettres que l'on attendrait. Je pense pourtant que le plaisir d'écrire vient en écrivant et qu'il faut donc susciter au maximum les occasions de mettre la main à la plume. Si l'éducation familiale et le parcours scolaire antérieur ne l'ont pas assez développé... il ne faut pas renoncer pour autant. Personnellement, ce plaisir s'est mis en place quand j'ai commencé à écrire des choses que je signais -enfin- de mon nom... un mémoire de fin d'études, des documents pédagogiques, une fois devenu prof... Cela se met en place quand on a des choses à dire aussi ! Et la jeunesse qui s'en vient commence de plus en plus tôt à s'affirmer en ce sens. Je suivrais bien Annabel sur ce point. Le blog perso peut à mon sens être un instrument de cette affirmation progressive de soi.

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  09 janvier 2014, 9:06:32 AM

Bonjour Médiacteur!

J'espère que tu diffuseras sur Twitter et ailleurs les bons coups de tes étudiants. Ça aidera à créer du traffic.

Bon trimestre!

Philippe Joncas Philippe Joncas ·  14 janvier 2014, 10:15:41 AM

Bonjour,

Je souhaite revenir sur le premier commentaire de Gilles. Je crois qu'avant tout il faut faire attention de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Étant à la base un étudiant de littérature, je côtoie à tous les jours des étudiants ayant un intérêt particulier pour l'écriture et plusieurs personnes qui n'étudient pas dans le domaine aimeraient s'y mettre, mais s'y refusent par faute de méthode...

Le principal problème vient du fait qu'il faut susciter l'intérêt des gens à l'écriture et leur donner une envie de poursuivre sur le blog. En général on utilise ici une carotte (le don de points de participation par exemple) ou le bâton (la menace d'un échec au cours). Le problème, c'est qu'une fois que le cours est terminé, l'élève n'a pas d'intérêt à continuer la publication, sauf s'il le fait par passion ou intérêt personnel. Pour ses idées et ses états d'âmes, il ira alors plutôt vers Facebook qui se montre comme moins professionnel et plus accessible que Pedagotic. Pour pousser les jeunes à être actifs sur des plateformes de blog aux allures plus professionnelles comme celui-ci, il faudrait alors trouver un moyen de susciter encore plus vivement leur intérêt. Rendu là, c'est une énigme à résoudre, mais je ne crois pas qu'on puisse discréditer les futurs enseignants et leur passion par leur manque d'activité sur Pedagotic ou Google+.

Patrick Giroux Patrick Giroux ·  15 janvier 2014, 10:30:37 AM

Bonjour Philippe!

Merci de t'insérer dans cette discussion. Gilles souhaitait justement entendre les étudiants... Et moi aussi!

Ton commentaire est intéressant... C'est justement la réponse à l'énigme qui nous intéresse! Comment susciter plus d'engagement dans le processus de formation continue? Comment faire pour que les apprentissages que l'on réalise en discutant, échangeant, lisant, réfléchissant soient évident pour les étudiants et qu'ils décident de continuer après le cours... S'ils veulent devenir enseignants, pourquoi ne continuent-ils pas à s'engager dans ces pratiques qui contribuent à les rendre meilleurs? C'est peut-être parce que je n'ai pas réussi à rendre l'apport de ce type d'outil et d'engagement évident... Alors que dois-je faire/dire/expliquer dans les cours?

Gilles Jobin Gilles Jobin ·  15 janvier 2014, 11:50:04 AM

Je sais que plusieurs «aimeraient» écrire. Je ne pense pas que ce soit par un manque de méthode si ce désir ne se réalise pas. À l'université, je suppose que la méthode en question est acquise ! ... Je pense que c'est tout simplement un souhait semblable à celui qu'on fait en début de chaque année de faire plus d'exercices, de manger mieux, etc. «Vouloir» est un acte difficile à actualiser.

Ce n'est pas mon intention de discréditer les futurs enseignants. Je constate simplement que peu, fort peu de gens, écrivent. Écrire, c'est une activité scolaire. Un peu comme l'arithmétique : on s'en sert légèrement dans la vie parce qu'il faut bien qu'on vérifie nos comptes, mais sans plus. Comme je n'ai pas beaucoup rencontré des enseignants de français qui pratiquaient pour leur propre plaisir l'écriture, je n'ai à peu près jamais rencontré des enseignants de mathématiques qui «faisaient» des maths pour le plaisir d'en faire. Ce n'est pas un mal, c'est simplement la réalité. Que ce soit pour le formateur ou l'apprenant, les matières scolaires banalisent et aseptisent le plaisir de la matière même.

La question est : peut-on y changer quelque chose ? Si oui, comment ? Et je ne vois pas d'autre(s) solution(s) que celle que j'ai proposé dans le point 3 de mon premier commentaire.

Philippe Joncas Philippe Joncas ·  16 janvier 2014, 1:17:40 PM

Encore une fois, je ne parlerai que de l'écriture puisque c'est mon domaine de prédilection. À mon humble avis, le problème prend surtout sa source dans le mécanisme de rétention. Pourquoi, si je souhaite être enseignant dans le domaine des lettres, je continuerais à écrire sur un blogue spécialisé si au fond ça ne me donne rien?

Dans le domaine de l'écriture, il y a malheureusement une grande part de réseautage. Afin d'être connu, il faut être encadré des experts. L'ouverture d'une maison d'édition nécessite des contacts dans les réseaux de distribution, les auteurs ont besoin de mentors et de connaitre les concours, etc. Si, disons, on faisait une plate-forme où les étudiants peuvent écrire, critiquer et se faire critiquer tout en ayant une vitrine pour réseauter, il deviendrait alors très intéressant pour les étudiants de participer à une telle plate-forme.

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